EXAGERE RIVISTA - Maggio - Giugno 2024, n. 5-6 anno IX - ISSN 2531-7334

Défiance vaccinale, théories complotistes et fausses informations. Comment les croyances deviennent certitudes

de Gianfranco Brevetto

(FRA/ITA traduzione in fondo)

Le journaliste, le scientifique et le citoyen, sociologie de la diffusion vaccinale est l’ouvrage récent dans lequel, la sociologue française Romy Sauvayre, nous propose d’aborder un grand thème d’actualité, à savoir le refus vaccinal. Avant même la récente pandémie, l’OMS avait placé le refus vaccinal au rang de l’une des trois plus grandes urgences de santé publique mondiale à la suite d’une chute régulière de la couverture vaccinale contre la rougeole et une recrudescence des épidémies dans le monde.

La pandémie Covid-19 a fait resurgir toute une panoplie de fausses croyances et de fausses informations sur les périls liés à la vaccination. Votre livre prend pour point de départ une étude publiée dans la revue The Lancet à la fin des années 1990 quand Andrew Wakefield émit l’hypothèse selon laquelle l’injection du vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole) pouvait conduire au développement de l’autisme. Qui était M. Wakefield ?

-A cette période, Andrew Wakefield est un gastroentérologue et chercheur reconnu. Il exerce au sein de l’estimé Royal Free Hospital de Londres. Il avait déjà fait parler un peu de lui en étant l’un des rares chercheurs à travailler sur la maladie de Crohn. 

-…Quel parcours médiatique et scientifique cet article a-t-il connu pour bénéficier d’autant de crédits ?

-L’article de Wakefield a été publié par une grande revue généraliste de médecine, la revue The Lancet après avoir été examiné par des experts. C’est une première étape importante pour un article, car cela lui donne du crédit. Il sera ensuite discuté et critiqué dans les revues spécialisées. En revanche, la thèse de Wakefield circulera bien différemment dans les médias. À la suite d’une conférence de presse organisée au sein du Royal Free Hospital, nombre de journalistes britanniques adhérèrent à la thèse de Wakefield et se mirent à la diffuser largement. On peut parler de buzz médiatique en sa faveur. Ce buzz a eu une incidence immédiate sur la couverture vaccinale des Britanniques qui chuta brutalement. De 1998 à 2004, la thèse de Wakefield se propagea largement alors que la science n’avait pas encore accumulé suffisamment de preuves pour la démentir. L’intervention d’un journaliste d’investigation a permis de stopper ce buzz médiatique lorsqu’il révéla des manquements éthiques de la part de Wakefield. Toutefois, le parcours de cette thèse erronée continua son parcours sur Internet, puis sur les réseaux sociaux, jusqu’à faire le lit de la défiance vaccinale contemporaine.


– Comment avez-vous mis en évidence le vrai problème et comment une hypothèse scientifique se transforme-t-elle en croyance si fervemment défendue qu’elle en devient un « fait » que nul travail scientifique ne peut démentir. Quelles sont vos réponses à ce propos ?

-La dynamique des croyances est souvent contre-intuitive. C’est-à-dire qu’il est difficile de reconstruire le parcours des croyances au moyen de la seule logique. Il paraît raisonnable d’abandonner une croyance si elle est contestée par la science. Or, si vous n’avez pas confiance en la science, pouvez-vous lui accorder suffisamment de crédit pour remettre en question ce qui est pour vous une connaissance ? La réponse est non. L’adhésion à une croyance se fonde sur trois piliers : le contenu de la croyance, la confiance que l’on accorde à l’émetteur de cette croyance et les preuves dont on dispose pour conforter le contenu de la croyance. Lorsque Wakefield publie son article, il apporte ce qui sera considéré comme une preuve par ses partisans, les parents par exemple. Ces parents regardent leur enfant, constatent qu’il a un problème et la thèse de Wakefield prend tout son sens. Ils en concluent que leur enfant a contracté l’autisme à la suite de l’inoculation du vaccin. Pour les parents, cela est un “fait” puisque leur enfant allait bien avant cette injection. Ils développent une certitude alimentée par Wakefield, un chercheur reconnu. C’est ainsi qu’une croyance même scientifique peut devenir un “fait”, une certitude, une “connaissance” pour ces personnes. Aucun scientifique contestant Wakefield ne pourra être entendu puisqu’ils ont vu de leurs yeux la métamorphose de leur enfant.


– Comment, en France, par exemple, s’est développé le cas du Professeur Raoult durant la pandémie Covid-19?


Le Professeur Raoult a publié un article démontrant l’efficacité de l’hydroxychloroquine. Nous étions tout au début de la pandémie et nous n’avions pas encore de traitement démontré. Cela a conduit une grande partie des Français à penser que le traitement proposé était efficace contre la Covid-19. Or, de nombreux travaux scientifiques menés au moyen de méthodes considérées comme plus valides ont montré qu’il n’en était rien. Aujourd’hui encore, de nombreux Français pensent que l’hydroxychloroquine est efficace. Le point comunun avec le cas Wakefield est le fait qu’un chercheur reconnu a promu une hypothèse, une croyance scientifique, qui a ensuite été invalidée par la communauté scientifique, mais continue à se diffuser en dehors du monde scientifique.

– Les craintes et les incertitudes sur les vaccins reviennent de manière cyclique. Comment faut-il les approcher, et avec quels outils, une future vague de défiance vaccinale ?

C’est une question difficile parce que l’on constate que la défiance vaccinale existe depuis que la vaccination existe. Durant certaines périodes, les citoyens adhèrent plus ou moins à la vaccination. Depuis les années 2000, la défiance vaccinale est grandissante et l’on constate que les réseaux sociaux favorisent la diffusion de cette défiance au sein des populations connectées du monde entier. Toutefois, lorsque les citoyens sont informés et rassurés, leur confiance augmente. Si une majorité de citoyens adhèrent à la vaccination, on constate un effet d’entraînement. En somme, la prévention et la communication restent les meilleurs outils dont on dispose. En parallèle, la détection automatique des fausses informations sur les réseaux sociaux au moyen de l’intelligence artificielle pourra limiter la propagation des théories complotistes les plus anxiogènes qui ont fait le lit de la défiance vaccinale actuelle.


Romy Sauvayre

Le journaliste, le scientifique et le citoyen, sociologie de la diffusion vaccinale.

Hermann Editeurs, 2023



Sfiducia nei vaccini, teorie complottiste e false informazioni. Come le credenze diventano certezze

di Gianfranco Brevetto

Le journaliste, le scientifique et le citoyen, sociologie de la diffusion vaccinale è il recente lavoro in cui la sociologa francese Romy Sauvayre ci propone di affrontare un tema di grande attualità, ovvero il rifiuto dei vaccini. Anche prima della recente pandemia, l’OMS classificava il rifiuto del vaccino come una delle tre maggiori emergenze sanitarie pubbliche al mondo, a seguito di un costante calo della copertura vaccinale contro il morbillo e di un aumento delle epidemie nel mondo. 

-La pandemia di Covid-19 ha fatto risorgere un’intera panoplia di false credenze e false informazioni sui pericoli della vaccinazione. Il suo libro prende come punto di partenza uno studio pubblicato sulla rivista The Lancet alla fine degli anni ’90, quando Andrew Wakefield ipotizzò che l’iniezione del vaccino MPR (morbillo, parotite, rosolia) potesse portare allo sviluppo dell’autismo. Chi era il signor Wakefield? 

-A quel tempo, Andrew Wakefield era un rinomato gastroenterologo e ricercatore. Praticava presso lo stimato Royal Free Hospital di Londra. Aveva già fatto un po’ di rumore nel campo, essendo uno dei pochi ricercatori a lavorare sul morbo di Crohn. 

-Quale percorso mediatico e scientifico ha avuto questo articolo per beneficiare di così tanti crediti?

-L’articolo di Wakefield è stato pubblicato da un’importante rivista di medicina generale, The Lancet, dopo essere stato esaminato da esperti. Questo è un primo passo importante per un articolo, perché gli dà credito. Poi sarà discusso e criticato su altre riviste specializzate. D’altra parte, la tesi di Wakefield è circolata in modo molto diverso nei media. A seguito di una conferenza stampa organizzata all’interno del Royal Free Hospital, alcuni giornalisti britannici aderirono alla tesi di Wakefield e iniziarono a diffonderla ampiamente. Si può parlare di un buzz mediatico a suo favore che ha avuto un impatto immediato sulla copertura vaccinale britannica, che è diminuita drasticamente. Dal 1998 al 2004, la tesi di Wakefield si è diffusa ampiamente quando la scienza non aveva ancora accumulato prove sufficienti per confutarla. L’intervento di un giornalista investigativo ha permesso di fermare questo clamore mediatico perchè ha rivelato violazioni etiche da parte dell’autore. Tuttavia,  questa tesi  ha continuato  a circolare su Internet, poi sui social network, fino a fare da base alla diffidenza vaccinale contemporanea.

– Come ha evidenziato il vero problema e come fa un’ipotesi scientifica a trasformarsi in una credenza così fervidamente difesa da diventare un “fatto” che nessun lavoro scientifico può negare. Quali sono le sue risposte?

-Le dinamiche di credenza sono spesso controintuitive. Vale a dire, è difficile ricostruire il corso delle credenze mediante la sola logica. Sembra ragionevole abbandonare una credenza se viene messa in discussione dalla scienza. Ora, se non ti fidi della scienza, puoi darle abbastanza credito da chiederti cosa sia la conoscenza per te? La risposta è no. L’adesione a una convinzione si basa su tre pilastri: il contenuto della convinzione, la fiducia riposta nell’emittente di questa convinzione e le prove disponibili a sostegno del contenuto della convinzione. Quando Wakefield pubblica il suo articolo, porta quelle che saranno considerate prove dai suoi sostenitori, i genitori ad esempio. Questi genitori guardano il figlio, si rendono conto che ha un problema e la tesi di Wakefield assume tutto il suo significato. Essi concludono che il loro bambino ha contratto l’autismo in seguito all’inoculazione del vaccino. Per i genitori, questo è un “fatto” poiché il loro bambino stava bene prima di questa iniezione. Sviluppano una certezza alimentata da Wakefield, un riconosciuto ricercatore. È così che anche una credenza scientifica può diventare un “fatto”, una certezza, una “conoscenza” per queste persone. Nessuno scienziato che sfida Wakefield potrà essere ascoltato poiché hanno visto con i propri occhi la metamorfosi del proprio figlio.

Come si è sviluppato, ad esempio, in Francia il caso del professor Raoult durante la pandemia di Covid-19? 

-Il professor Raoult ha pubblicato un articolo che dimostra l’efficacia dell’idrossiclorochina. Eravamo proprio all’inizio della pandemia e non avevamo ancora un trattamento comprovato. Ciò ha portato gran parte dei francesi a credere che il trattamento proposto fosse efficace contro il Covid-19. Tuttavia, molti studi scientifici condotti con metodi ritenuti più validi, hanno dimostrato che non è così. Ancora oggi molti francesi credono che l’idrossiclorochina sia efficace. Il punto in comune con il caso Wakefield è il fatto che un ricercatore riconosciuto ha promosso un’ipotesi, una credenza scientifica, poi invalidata dalla comunità scientifica, ma che continua a diffondersi al di fuori del mondo scientifico

I timori e le incertezze sui vaccini ritornano ciclicamente. Come dovremmo affrontarli, e con quali strumenti, una futura ondata di sfiducia nei vaccini?

-Questa è una domanda difficile perché abbiamo visto che la sfiducia nei vaccini esiste da quando esiste la vaccinazione. In determinati periodi i cittadini aderiscono più o meno alla vaccinazione. Dagli anni 2000, la sfiducia nei confronti della vaccinazione è cresciuta e possiamo vedere che i social network promuovano la diffusione di questa sfiducia tra le popolazioni connesse in tutto il mondo. Tuttavia, quando i cittadini sono informati e rassicurati, la loro fiducia aumenta. Se la maggioranza dei cittadini aderisce alla vaccinazione, c’è un effetto a catena. Insomma, la prevenzione e la comunicazione rimangono i migliori strumenti che abbiamo. Allo stesso tempo, il rilevamento automatico di informazioni false sui social network per mezzo dell’intelligenza artificiale potrebbe limitare la diffusione delle teorie del complotto più ansiogene e che hanno aperto la strada all’attuale sfiducia nei vaccini.


Romy Sauvayre

Le journaliste, le scientifique et le citoyen, sociologie de la diffusion vaccinale

Hermann Editeurs, 2023

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