EXAGERE RIVISTA - Maggio - Giugno 2024, n. 5-6 anno IX - ISSN 2531-7334

La montagne: la merveille d’un éternel recommencement

di Gianfranco Brevetto

(FRA/ITA – traduzione in fondo)

La montagna come amica (dont le titre original en français est Dans l’amitié d’une montagne), porte dans sa version italienne, éditée par Guanda, le sous-titre Piccolo trattato di elevazione. Pascal Bruckner, philosophe et romancier, a vécu son enfance dans les montagnes d’Autriche et de Suisse, connaît bien la montagne, il a décliné tout son potentiel au point de reconnaître en elle, dans son parcours qui oblige à s’impliquer, à un defie, elle est un moment de contemplation, d’ascèse, de croissance personnelle.

– Vous commencez votre livre avec une belle image de l’épreuve du palmier. Dans certaines tribus, les anciens sont obligés de grimper sur un palmier vigoureusement secoué et ceux qui tombent sont chassés du village. Seuls ceux qui résistent peuvent rester dans la communauté. Qu’est-ce que cela signifie pour chacun de nous de continuer à se soumettre à cette épreuve ?

-C’est une manière chaque année de rester dans la course,de se fixer un objectif et de s’y tenir. Je dirais une épreuve d’aptitude que je m’oblige a réaliser chaque été. D’autant que je suis un dilletante de l’altitude,je ne suis plus tout jeune et mes compétences en matière d’escalade sont  limitées. Mais la volonté supplée mes lacunes et le plaisir que je ressens a chaque course est décuplée par le fait que je me sentais incapable de parvenir à la cime. Ce n’est pas la montagne que l’on a vaincu ,c’est soi même.

–  Vous parlez de votre  expérience d’enfant lorsque vous vous etes endormi, au milieu d’un blizzard, dans les bras de votre mère. La neige, vous ecrivez,  c’est un pâle mot qui nous est envoyé du ciel. Que représente cet élément naturel pour vous ?

La neige me devient d’autant plus précieuse qu’elle se raréfie en raison du réchauffement. C’est une couverture silencieuse qui vient du ciel et enveloppe le monde sous un édredon, qui aplanit les reliefs sous une gangue. Il y a de la magie dans une tempête de neige et la menace d’un engloutissement. Elle est liée au sommeil et à la mort bien sur puisque s’assoupir sous une averse de flocons est la tentation de tous les alpinistes épuisés. La neige connait plusieurs états,de l’épaisseur glacée et dure à la soupe fangeuse lors de la fonte. Elle est en soi un microcosme

– La montagne c’est aussi le partage, on devient amis au moment même où l’on subit des épreuves physiques. L’histoire de l’alpinisme nous apprend beaucoup de choses dans ce domaine. A’ deux on est plus fort, vous escrivez. Quels liens particuliers la montagne est-elle capable de créer ?

La montagne crée une solidarité instantanée entre personnes qui ont besoin des talents de l’autre pour progresser. Une course en altitude devient une aventure dont on se souvient si elle a été  particulièrement difficile ou belle. La fatigue ou l’effort  partagés unissent deux personnes mieux qu’une autre épreuve. J’ai des amis spécialement pour l’été que je ne vois pas le reste de l’année car nous avons la montagne en passion commune. Le rythme de ce type d’amitié est le silence en phase ascendante et la conversation en phase descendante.

– Vous introduisez un thème qui nous amène à réfléchir, celui de la sauvagerie et de la relation avec certains animaux comme, par exemple, le loup. Que signifie être sauvage et, pour vous, qu’est-ce qu’un loup represente aujourd’hui ?

Il y a le loup physique qui est arrivé en France depuis l’Italie,les Abruzzes surtout et se répand partout en France ,aux portes de Marseille comme en Bretagne,dans l’Est et le Centre. On estime à 800 le nombre de loups dans l’Hexagone répartis en meutes et capables de parcourir 150 kms par jour. C’est un animal fabuleux,sans aucun doute mais qui rend le pastoralisme difficile. Et puis il y a le loup comme idée,nouvelle cause des bobos qui voudraient comme au temps de Jack London récupérer sa sauvagerie contre la civilisation aliénante et bourgeoise. Le loup n’est que l’instrument de leur haine des hommes,le baton dont ils se servent pour rosser notre société. La grande énigme des années à venir sera de penser la cohabitation entre espèces sauvages,loups,renards, lynx et ours et les troupeaux d’ovins et de bovins qui maintiennent une agriculture et une économie montagnardes.

– La montagne est un monde vertical, l’escalade nous engage, et dès qu’on y arrive on ressent le besoin de grimper à nouveau. On se demande : y a-t-il un but, une destination ?

Il y a une absurdité fondamentale dans le fait de grimper puisque l’on est voué à redescendre.Pourquoi tant d’efforts alors que d’autres déja ont réalisé des exploits et que je ne resterai au mieux qu’un amateur? Le grimpeur est un Sysiphe heureux qui ne se laisse pas décourager par cette tache sans fin. Le but c’est d’arriver au sommet sain et sauf et de revenir au refuge pour mieux remonter ensuite sur d’autres pics. La montagne est une métaphore de la vie: nous naissons pour mourir un jour, nous montons pour descendre mais heureusement nous disposons de plus de sommets que de vies et chacun présente des difficultés,des beautés qui le rendent unique. La montagne incarne la merveille d’un éternel recommencement et toutes ces vagues de pierres nous mettent au défi de les affronter un jour.


La montagna: la meraviglia di un eterno ricominciare

di Gianfranco Brevetto

La montagna come amica (il cui titolo originale in francese è Dans l’amitié d’une montagne), porta nella sua versione italiana, edita da Guanda, il sottotitolo Piccolo trattato di elevazione. Pascal Bruckner, filosofo e romanziere, ha vissuto la sua infanzia tra le montagne dell’Austria e della svizzera, conosce bene la montagna, ne ha declinato tutte le potenzialità fino a riconoscere in essa, nel suo percorso che ti obbliga a metterti in gioco, a sfidare, un momento di contemplazione, di ascesi, di crescita personale.

– Lei inizia il suo libro con una bellissima immagine quella della prova della palma. In alcune tribù, gli anziani vengono fatti arrampicare su di una palma scossa vigorosamente, Chi cade viene cacciato dal villaggio. Solo chi resiste può restare nella comunità. Cosa significa, per ognuno di noi, continuare a sottoporsi a questa prova?

-È un modo ogni anno per rimanere in attività, fissare un obiettivo e mantenerlo. Direi un test attitudinale che mi costringo a fare ogni estate. Tanto più che sono un dilettante dell’altitudine, non sono più giovanissimo e le mie capacità di arrampicata sono limitate. Ma la volontà compensa i miei difetti e il piacere che provo ogni volta è decuplicato dal fatto che, all’inizio, non mi sentivo in grado di raggiungere la vetta. Alla fine, non è la montagna che hai conquistato, ma te stesso.

– lei ci racconta di una sua esperienza da bambino quando si addormentò, nel mezzo di una bufera di neve, tra le braccia di sua madre. Le ci dice la neve è una parola pallida inviataci dal cielo. Cosa ha significato per lei questo elemento naturale?

– La neve diventa tanto più preziosa per me in quanto diventa più scarsa a causa del riscaldamento globale. È una coperta silenziosa che viene dal cielo e avvolge il mondo sotto una trapunta, che appiattisce i rilievi sotto un peso. C’è magia in una bufera di neve e nella minaccia che tutto venga sommerso. È legata al sonno e alla morte, naturalmente, poiché sonnecchiare sotto una pioggia di fiocchi di neve è la tentazione di tutti gli alpinisti esausti. La neve attraversa diversi stati, dal ghiaccio denso e duro alla pastoia fangosa quando si scioglie. Lei stessa è un microcosmo

– La montagna è anche condivisione, si diventa amici proprio quando ci si sottopone a prove fisiche. In questo campo la storia dell’alpinismo ci insegna tante cose.  Si è più forti quando si è in due, lei ci ricorda. Quali legami speciali è capace di creare la montagna?

– La montagna crea una solidarietà immediata tra persone che hanno bisogno delle reciproche forze per andare avanti. Una corsa in quota diventa un’avventura che si ricorda per sempre, se è stata particolarmente difficile o bella. La fatica o lo sforzo condiviso unisce due persone meglio di un’altra prova. Ho degli amici in estate, e che non vedo il resto dell’anno, con i quali abbiamo in comune solo la passione per la montagna. Il ritmo che manteniamo con questi amici è quello del silenzio nella fase ascendente e della conversazione nella fase discendente.

– Lei introduce un tema che porta molto a riflettere, quello della selvatichezza e del rapporto con alcuni animali come, ad esempio, il lupo. Cosa vuol dire essere selvatico e, seguendo il suo ragionamento, cosa è un lupo oggi?

– Il lupo fisicamente è arrivato in Francia dall’Italia, soprattutto dall’Abruzzo e si sta diffondendo ovunque in Francia, alle porte di Marsiglia come in Bretagna, in Oriente e al Centro. Il numero di lupi in Francia è stimato in 800, suddivisi in branchi e in grado di percorrere 150 km al giorno. È un animale favoloso, senza dubbio, ma che rende difficile la pastorizia. Poi c’è il lupo come idea, nuovo motivo dei radical chic che, come ai tempi di Jack London, vorrebbero recuperare ferocia contro la civiltà alienante e borghese. Il lupo è solo lo strumento del loro odio per gli uomini, il bastone che usano per colpire la nostra società. Il grande enigma degli anni a venire sarà pensare alla convivenza tra le specie selvatiche, lupi, volpi, linci e orsi e gli armenti di ovini e bovini che mantengono l’agricoltura e l’economia di montagna.

– La montagna, è un mondo verticale, salire ci impegna, e appena arrivati sentiamo il bisogno di arrampicarsi ancora. Viene da chiedersi: esiste una meta?

– C’è un’assurdità di fondo nell’ arrampicarsi, visto che si è condannati a scendere. Perché tanta fatica quando altri hanno già compiuto grandi imprese e io rimarrò al massimo solo un dilettante? L’arrampicatore è un Sisifo felice che non si lascia scoraggiare da questa impresa senza fine. L’obiettivo è arrivare sani e salvi in ​​vetta e rientrare al rifugio per meglio poi risalire su altre cime. La montagna è metafora della vita: si nasce per morire un giorno, si sale per scendere, ma per fortuna abbiamo più vette che vite e ognuna presenta difficoltà, bellezze che la rendono unica. La montagna incarna la meraviglia di un eterno ripartire e tutte questi ammassi di pietre ci sfidano ad affrontarle un giorno.


Pascal Bruckner

La montagna come amica

Piccolo trattato di elevazione

Guanda Editore, 2023

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