EXAGERE RIVISTA - marzo - aprile - 2026, n. 3-4 anno XI - ISSN 2531-7334

Le silence face à l’écoute active : une parole passive ?

de Pascal Neveu

(FRA/ITA)

Le silence face à l’écoute active : une parole passive ?

« La parole est d’argent, mais le silence est d’or. » Cet adage ou ce dicton tient une place de choix dans la très longue liste des proverbes de la langue française. Mais il a la particularité de donner lieu à des interprétations différentes ou même contradictoires, ce qui habituellement ne peut se faire avec d’autres proverbes. Comment penser, savoir manier la parole et l’écoute de façon active et passive, tant en cure psychanalytique que dans nos interactions sociales, en fonction des situations ? Comment cet adage participe-t-il, si ce n’est au mieux-vivre ensemble, en tout cas au bien-vivre ensemble ?

Nous le savons, ce proverbe vient de ce que l’or est généralement plus apprécié que l’argent sur les marchés financiers, ce qui n’a pas toujours été le cas.

En effet, ce proverbe s’inscrit dans une longue tradition de sagesse juive. Bien que la formulation exacte « La parole est d’argent, le silence est d’or » ne se retrouve peut-être pas mot pour mot dans les textes anciens, on y trouve des idées similaires. Par exemple, dans le Talmud (Méguila 18a) et dans le Midrash Rabba, on rencontre des expressions du type « La parole vaut une pièce, le silence en vaut deux ». De plus, Pirké Avot (chapitre 1, mishnah 17) rapporte que Rabbi Chimon mettait en avant la vertu du silence en affirmant que ses journées passées auprès des sages lui montraient combien il était bénéfique de savoir se taire pour préserver son bien-être, mais encore  «Apprendre m’est plus précieux qu’une abondance d’or et d’argent.»

Ainsi, même si le proverbe a pu évoluer au fil des siècles dans sa formulation, son essence, celle de valoriser le silence réfléchi plutôt que les paroles précipitées, trouve bel et bien ses racines dans les enseignements du Talmud et d’autres textes juifs anciens

« La parole est d’argent, le silence est d’or », met en lumière l’importance de savoir quand parler et quand se taire. Autrement dit, il souligne qu’exercer notre parole est précieux (c’est-à-dire la capacité à communiquer, exprimer nos idées ou nos ressentis), mais que parfois, préserver le silence peut être encore plus judicieux.

Pourquoi le silence est-il d’or ?

– Il invite à la réflexion et au discernement : en gardant le silence, on se donne l’opportunité de réfléchir, d’écouter réellement son interlocuteur et de peser ses mots avec soin. Cela permet souvent d’éviter des propos hâtifs ou blessants.

– Il permet de préserver des relations : dans des situations conflictuelles ou émotionnellement chargées, choisir le silence peut aider à désamorcer les tensions et à favoriser la compréhension plutôt que l’agitation.

– Il participe au mystère et à la profondeur : le silence laisse parfois place à l’interprétation et à une certaine profondeur que les mots ne sauraient toujours exprimer. En laissant un espace, on permet aux autres de projeter leurs propres idées et ressentis, favorisant ainsi une communication plus nuancée.

Ce proverbe invite ainsi à considérer que, bien que parler ait ses avantages, il est souvent précieux de maîtriser l’art du silence pour préserver et enrichir nos échanges.

Le silence est donc un élément de l’écoute. Il est utile d’aborder le silence sous différents aspects : notre silence, afin de nous concentrer sur l’écoute de l’autre, et le respect des silences de l’autre.

Lorsque l’on travaille à mieux écouter, il est important de commencer par s’entrainer à pratiquer le silence. Il est, nous pouvons le constater, très intéressant de prendre un peu de recul, par exemple lors d’un dîner et de laisser les autres s’exprimer. Ce qu’ils disent peut-être très intéressant et nous réalisons que notre opinion est parfois basée sur des a priori ou des raccourcis. Bien sûr, cet exercice sera plus pertinent avec des personnes ayant une certaine maîtrise des sujets dont elles parlent. C’est en écoutant, que l’on constate que, ce qui est communément relayé, accepté comme vérité, manque de nuance, de précision. En clair, les sujets quels qu’ils soient, sont rarement simplistes et les idées toutes faites sont souvent erronées.

C’est dans ces situations que l’on prend conscience que lorsque l’on n’a rien à dire, il est préférable de garder le silence. D’une part, pour éviter des maladresses et d’autre part, pour laisser s’exprimer ceux qui ont un message à partager. Bien sûr, le risque est que ces temps de parole soient monopolisés par des ignorants de leur ignorance.

En ce qui concerne le respect des silences des autres, il est important de laisser les personnes faire des pauses et ne pas chercher systématiquement à meubler ces blancs. C’est une façon de respecter leur rythme. Dans un entretien commercial, c’est une démarche fondamentale, on dit d’ailleurs que le premier qui parle a perdu. Même si ça n’est pas exactement ainsi qu’il faut aborder ce point, ce « jeu » a le mérite, pour celui qui est dans une posture commerciale de garder cette notion à l’esprit. Généralement, les silences sont des pauses de réflexion, si vous les interrompez, vous risquez de couper le fil de pensée de votre interlocuteur. Peut-être se projetait-il dans l’utilisation de votre produit ou service ? Combien de fois avez-vous entendu une personne prononcer : « je ne sais plus ce que je voulais dire », sous-entendu : « j’ai été coupé » ?

Mais on dit souvent que la nature humaine a horreur du vide, ce qui explique notre aversion pour le silence dans les échanges.

Et même si les silences peuvent sembler longs et inconfortables, en réalité, s’il y a de l’intérêt dans l’échange, il n’y a aucune raison pour qu’ils soient mal vécus, au contraire, ce qui risque de perturber votre interlocuteur, c’est d’être coupé dans son cheminement, dans sa réflexion, en interrompant son silence.

Cependant, le silence n’est pas toujours d’or.

Combien sommes-nous à taire ce que nous voudrions communiquer à autrui, de peur de nuire à la relation ? Or ce silence d’or pèse parfois très lourd. Aussi lourd que l’enjeu qu’il contient. Et trouble parfois jusqu’à notre sommeil. Sans doute mieux vaut-il une parole prononcée avec justesse qu’un silence chargé d’amertume et porteur de conflits. A condition d’en choisir le moment. Mais surtout de clarifier notre intention afin de pouvoir communiquer de façon constructive et dire ce que l’on pense vraiment sans verser dans le conflit.

Remédier aux divergences, c’est exprimer ses intentions de façon à faire valoir ce qui compte vraiment pour soi dans la situation. Car lorsque quelqu’un est sur la défensive, c’est rarement à cause du contenu de ce qui est exprimé. Mais plutôt à cause de l’intention qu’il prête à son interlocuteur. Ce n’est pas la vérité qui blesse mais la malice utilisée pour dire cette « vérité ».

Les recettes des coachs pour exprimer ses ressentis ne serviront à rien et pourront même jeter de l’huile sur le feu en laissant percevoir le côté mécanique de la démarche. Pensons plutôt aux faits et informations à l’origine de l’état tendu dans lequel nous sommes, pour retrouver le chemin de l’intention qui vous amène à dire ce que nous avons à dire. Et tentons de lâcher toute position défensive dans laquelle nous pensons que nous serons mal reçu. Car notre interlocuteur risque d’y percevoir de l’agressivité.

Parfois, au delà de la timidité, nous ne savons tout simplement pas quoi dire ou nous avons peur de le dire.

Car psychologiquement, se taire est parfois utile pour se protéger ou ne pas blesser l’autre. Mais quand le silence naît de la peur ou nous enferme dans la rumination, il faut agir… en se taisant.

En effet, mieux vaut parfois se taire que s’embarquer dans une discussion sans fin ou entretenir un conflit stérile. Cependant, le mutisme n’est pas toujours judicieux… En réalité, tout dépend de sa fonction, de ce pour quoi on se tait.

Nous pouvons éviter de nous exprimer pour nous préserver de ressentir des émotions désagréables ou inconfortables comme le stress, la colère, la peur… ou pour tenter de calmer notre agitation si nous avons le sentiment qu’elle va déborder, qu’on ne pourra pas la contrôler. Ainsi, la fermeture protège, mais seulement momentanément. Car éviter les discussions et les sentiments qui vont avec, c’est se priver de trouver une issue aux problèmes. À la longue, le silence peut même aggraver la situation ou ternir la relation.

Sur un autre plan, les neurosciences nous apprennent que Le silence est d’or pour le cerveau !

La chercheuse en psychologie Sylvie Chokron (Université Paris Descartes) souligne, à l’heure de la rentrée et du plongeon dans le tourbillon du quotidien, les bienfaits sur notre santé mentale des moments de calme. Et ce paradoxe qui nous fait souvent préférer des environnements bruyants.

C’est le retour des vacances, et le premier choc, en ville, c’est le bruit. Il est partout, nous suit et ne nous quitte pas, où que nous allions. Dans la rue, dans les lieux publics, dans les transports en commun, au supermarché, très tôt le matin et jusqu’à tard le soir, impossible de nous en défaire… les sons nous submergent. Nous comprenons alors que, pendant nos congés, nous avons sans doute savouré avant tout… le silence.

Pour l’explorateur norvégien Erling Kagge, le silence est peut-être tout simplement le plus grand des luxes à l’heure actuelle. Et, de fait, le bruit ambiant pourrait être responsable de bien des maux. Ainsi, nombreuses sont les études qui démontrent les effets néfastes du bruit sur notre santé mentale, physique et cognitive.

A l’inverse, le silence serait à même de diminuer notre pression artérielle, notre fréquence cardiaque ainsi que notre niveau de cortisol, donc de stress. Malgré ces données qui soulignent clairement les effets bénéfiques du silence, beaucoup d’entre nous ne supportent plus d’être assis, immobiles, dans le silence, avec leurs pensées pour seule compagnie.

En effet, en 2014 Timothy Wilson, du département de psychologie de l’université de Virginie, et ses collègues ont découvert que les étudiants n’appréciaient pas de « réfléchir » en silence, seuls dans une salle. Le fait d’être isolés, dans une pièce sans bruit, avec leurs propres pensées pendant quinze minutes était apparemment si aversif que cela poussait de nombreux participants à s’administrer eux-mêmes un choc électrique qu’ils avaient pourtant auparavant jugé si désagréable qu’ils auraient payé pour l’éviter ! C’est dire à quel point nous avons du mal à accepter d’être seuls avec nous-mêmes.

En 1918, Nicholas Buttrick a repris les expériences de son collègue Timothy Wilson, auprès de sujets issus de de onze pays différents. Les résultats, édifiants, montrent clairement que la majorité des participants préfère s’adonner à n’importe quelle activité plutôt que de ne rien faire, dans le silence. Regarder la télévision ou se ruer sur son téléphone apparaissent ainsi comme des activités bien plus agréables que de se tourner vers soi-même pour penser seul.

Pour autant, le bruit de fond incessant de l’hyper modernité rend le silence à la fois attirant et effrayant. Fuirait-on ce dont on a le plus besoin ? Phoniatres et psychiatres s’accordent à dire que le bruit est une source de perturbation physiologique et mentale notoire. Le silence et le calme sont absolument indispensables à notre santé psychocorporelle. Les urbains savent malheureusement combien les nuisances sonores affectent la qualité du sommeil. Agressés par la cacophonie ambiante, beaucoup aspirent au silence. Toutefois cette échappatoire au bruit n’est pas toujours une sinécure. Le silence exacerbe en effet le bavardage mental, amplifie mal-être et tensions, peut révéler un vide intérieur. Savourer le silence nécessite un peu d’entraînement. Car le silence est bien loin de n’être que l’absence de bruit. Cet espace intime est très vaste en réalité. Il permet la rêverie, la réflexion, la contemplation, la créativité, la prière… À l’instar d’une ample respiration, il dégage l’esprit et prépare celui-ci à se rendre au bout de lui-même. Écouter sa vibration mène toujours quelque part.  Le silence constitue une porte ouverte sur le travail de croissance intérieure, que tout un chacun mérite de s’offrir.

L’aspiration au silence est en outre variable d’un individu à l’autre puisqu’elle touche à la relation intime de soi à soi. Les introvertis le goûteront plus spontanément que les extravertis. Car à la différence de l’extraverti qui a besoin, souvent impérieusement, d’un élément extérieur (activité ou échange avec autrui) pour se ressourcer, lorsqu’il a épuisé ses batteries, l’introverti a, lui, tendance à se recentrer automatiquement sur lui-même, pour y puiser un regain de tonus. Il n’en a d’ailleurs aucun mérite particulier puisque son intégrité et sa vivacité psychiques sont à ce prix. On peut toutefois très bien ne pas être introverti et prendre le parti du silence. Celui qui dès l’enfance aura appris à s’ennuyer, c’est-à-dire à faire d’une absence d’activité un moment de ressourcement intérieur en pratiquant par exemple l’observation, voire la contemplation, saura apprécier le goût du silence et saura y demeurer tranquille. Il n’y verra aucune rupture ni aucun danger. Dans l’adversité, certains individus privilégieront le silence, non pas comme un repli, mais comme une loyauté sans faille envers la meilleure part de soi, qu’ils tiennent à préserver. Face aux épreuves de la vie, bavardages et commentaires semblent souvent dérisoires. L’individu a plus que jamais besoin de s’appuyer sur ce qui constitue son essentiel, au-delà de ce qui est aléatoire, sa vocation d’être dans un dialogue intérieur avec les différentes parts de lui-même.

En société, le silence est un allié pour réguler l’usage de la parole. Savoir se taire quand il faut exige un doigté et une intelligence de situation, un ajustement comportemental.  Le silence implique une acuité de regard. De soi à soi, notamment après le choc d’une rencontre amoureuse, il peut être fort judicieux de s’accorder un temps de silence pour laisser décanter les ressentis, refaire le film de la rencontre, en écouter les harmoniques psychiques…  Ce retrait dans un temps d’intensité émotionnelle peut s’avérer un précieux moment d’analyse. D’une manière plus générale, jouir pleinement du silence constitue une vraie respiration. C’est un repos indispensable à notre essence humaine, pour le corps, pour le mental, pour le cœur et pour l’âme. L’individu ne peut continuer à perdre haleine, et donc à souffrir, en courant sans cesse après la performance professionnelle et le consumérisme tous azimuts. Il lui faut s’accorder régulièrement des pauses de retrait que lui offre le silence.

Le silence est souvent célébré pour sa capacité à apaiser des tensions et permettre une introspection avant de parler, comme l’indique le proverbe. Cependant, lorsqu’il devient un refuge pour éviter de traiter les véritables problèmes d’un conflit, il perd de sa valeur.

Alors comment allier et équilibrer silence et parole ?

En effet, se taire pour esquiver une discussion difficile peut masquer des malentendus ou laisser des rancœurs s’accumuler, rendant la résolution du conflit plus complexe à long terme. Ce type de silence, qui relève de l’évitement, ne favorise pas une communication authentique ni une compréhension mutuelle. Ainsi, dans ces cas-là, le silence n’est pas « d’or » mais plutôt une échappatoire qui peut empêcher de trouver des solutions constructives.

Trouver l’équilibre entre un silence réfléchi et une parole constructive est un véritable art. Dans certaines situations, une pause avant de s’exprimer aide à clarifier ses pensées et à éviter les réactions impulsives. Mais la clé réside dans le fait de finalement aborder le conflit avec honnêteté et empathie afin de résoudre les différends.

Il existe une dualité dans l’art de gérer un conflit : d’un côté, le silence peut être une pause salutaire pour éviter de réagir impulsivement et pour laisser le temps aux émotions de retomber ; de l’autre, il ne faut pas rester complètement muet au risque de laisser le conflit se cristalliser ou de créer un fossé d’incompréhension.

Le silence est donc une sorte d’outil de maîtrise émotionnelle. Lorsque les émotions sont à fleur de peau, le silence permet un moment de recul. Cette pause est indispensable pour se donner le temps de réfléchir et de ne pas s’exprimer sous le coup de la passion. Elle aide à désamorcer l’escalade, à éviter des paroles blessantes et à préparer une communication plus posée et constructive. C’est cet usage du silence qui le rend précieux, « d’or », lorsqu’il s’agit de modérer nos réactions impulsives.

Mais il existe le danger du silence passif. Si le silence devient une manière d’éviter la confrontation et le dialogue, il peut s’avérer contre-productif. Dans un conflit, refuser de communiquer, même après avoir laissé le temps aux émotions de se stabiliser, peut empêcher la résolution des problèmes sous-jacents. La non-expression des ressentis et des besoins mène souvent à l’accumulation de rancœurs et peut faire durer le conflit autrement que de manière constructive.

Il faut donc tenter de trouver un bon équilibre. L’astuce réside donc dans l’art de laisser une période de silence qui permet à chacun de se recentrer et d’éviter les excès émotionnels, pour ensuite engager une communication honnête et empathique. Cela signifie qu’après avoir observé ce moment de calme, il faut revenir à la discussion pour éclaircir les malentendus et exprimer ses ressentis de manière équilibrée.

De fait, le silence, souvent encensé pour sa capacité à désamorcer les pulsions et permettre une réflexion, peut paradoxalement devenir dangereux lorsqu’il se transforme en évitement.

Quid alors du silence contrôlé versus le silence évitant ? Il y a un équilibre subtil à tenir. Lorsqu’on prend un moment de silence pour laisser retomber l’excès émotionnel, c’est un outil précieux pour clarifier ses idées et prévenir les conflits inutiles. Cependant, si ce silence perdure et devient une manière d’éviter d’aborder le cœur du problème, alors, ce n’est plus un refuge sain, mais un piège qui empêche la résolution réelle des différends.

Il existe donc des conséquences face à un « silence actif » mal adapté : une accumulation de rancœur (si aucune parole n’est échangée après la pause, les malentendus et les ressentiments peuvent s’accumuler, menant à des conflits plus profonds à long terme), un isolement émotionnel (le silence peut également renforcer la sensation d’isolement, tant pour la personne qui choisit de se taire que pour celle qui sent ce mutisme comme une distance émotionnelle, et un manque de clarté (sans dialogue, les besoins, attentes et frustrations restent inexprimés, ce qui peut rendre difficile toute tentative de comprendre ou de résoudre les problèmes).

L’idée n’est pas de rejeter le silence en lui-même, qui, rappelons-le, peut être une étape cruciale vers une communication plus mesurée, mais plutôt de veiller à ce qu’il ne devienne pas une excuse pour esquiver le dialogue nécessaire. Après une période de silence bénéfique, il est important de revenir à une communication honnête et ouverte.

Dans ma pratique clinique sur le deuil, j’ai très souvent conseiller de manier un équilibre entre silence, écoute, parole, en mesurant et en repérant les moments et la durée de ces différentes face d’expression. Dans des situations de deuil, il arrive souvent que les mots, même prononcés avec les meilleures intentions, ne parviennent pas à contenir ou à apaiser la douleur. En favorisant l’écoute active et en optant pour une parole mesurée, voire « passive », nous permettons à la personne en deuil de sentir que sa douleur est reconnue et respectée sans être agressée par des conseils prématurés ou des platitudes.

L’écoute active devient alors comme espace de réconfort. L’écoute active, c’est être présent, attentif et empathique, sans chercher immédiatement à résoudre ou à « guérir » la souffrance. Cela crée un espace sûr où l’endeuillé peut exprimer son chagrin sans avoir à chercher des réponses ou des solutions qui se révéleraient vaines dans ce moment délicat.

Aussi, il nous faut accepter la faiblesse des mots face à l’intensité du vécu. Lorsqu’une personne vit une perte, ses émotions sont souvent trop intenses pour être atténuées par des paroles, si bien que trop parler pourrait même distraire ou minimiser la réalité de la douleur. Dans ce contexte, une présence silencieuse et respectueuse peut être infiniment plus précieuse qu’un flot de mots parfois déconnecté du vécu profond.

Cette approche reconnaît la complexité du deuil et la nécessité d’un accompagnement où le simple fait d’être là, à l’écoute, est une forme de soutien bien plus authentique qu’une série de conseils ou de paroles motivées.

Nous pourrions discuter du silence au sein des couples… pouvant entraîner une dispute et des éclats de voix.

Dans une relation, notamment amoureuse, le silence face à une demande d’explication est la preuve qu’il se passe quelque chose. Le risque est alors que le silence parasite la relation : d’un côté, l’un(e) des partenaires forcera pour avoir les explications qui lui sont nécessaires, alors que la personne mutique se refusera à ouvrir la bouche. Ce type de situation est très douloureux pour chaque partenaire. Pour le ou la mutique, c’est une façon de se protéger ; pour l’autre, c’est comme une trahison, un manque de confiance. 

Face au silence de l’autre, il n’est pas toujours facile d’avoir la réaction adéquate. Signe de douleur, de refus, il peut aussi être un signe de bien-être.

Dans une relation, quelle qu’elle soit, le silence est souvent une autre façon de communiquer lorsque le ressenti est difficile à exprimer, et ce qu’il s’agisse d’un moment de bien-être ou de mal-être. Il peut aussi être utilisé quand on a peur d’être incompris, et ainsi éviter tout malentendu. 

Lors d’un conflit, le silence est aussi une forme d’attaque : on refuse de s’exprimer pour déstabiliser l’autre, parfois pour être certain(e) que ses mots ne seront pas utilisés contre soi, ou tout simplement car on ne souhaite pas se laisser envahir par les émotions en parlant : le silence devient alors la forme de communication la plus rationnelle. 

Aussi, comment réagir face au silence de l’autre ? 

Selon nos caractères et notre état d’esprit, ce silence peut vite nous faire sortir de nos gonds ! Or, nous devons apprendre à respecter le silence, à comprendre qu’il s’agit d’un mode de communication qui va au-delà des mots.

Dans une relation affective, respecter le silence de l’autre est parfois très complexe : on connaît bien la personne, on sait qu’on peut se parler, et on ne comprend pas pourquoi elle se mure tout à coup dans le silence, voire mente.

Lorsque le silence s’installe dans la relation et commence à empêcher son bon fonctionnement, il devient inquiétant. Il peut être ressenti comme une fuite, l’impossibilité de trouver des explications manquantes, mais surtout que cette forme de non-explication est en train de briser la confiance au sein du couple.

En conclusion, parole, silence, discussion, écoute… relèvent du champ de communication psycho-émotionnelle verbal et non verbal qu’il est très difficile à comprendre et maîtriser.

Il s’agit d’un équilibre qui ne s’acquière qu’au fil des années, et peut-être d’une certaine sagesse, ou l’ego et la passion ne l’emportent pas.

Même nos plus grands écrivains on disserté sur le sujet sans forcément proposer la meilleure recette !

Jean-Paul Sartre écrivait « Chaque parole a une conséquence. Le silence aussi. »

Julien Green : « Le silence vaut mieux qu’une avalanche de paroles. »

Et je terminerai par un proverbe soufi : « Si la parole que tu vas dire n’est pas plus belle que le silence, ne la dis pas. »


Il silenzio di fronte all’ascolto attivo: una parola passiva?

di Pascal Neveu

Il silenzio di fronte all’ascolto attivo: una parola passiva?

“La parola è d’argento, ma il silenzio è d’oro.” Questo proverbio occupa un posto di rilievo nella lunga lista dei proverbi della lingua francese. Tuttavia, ha la particolarità di suscitare interpretazioni diverse o addirittura contraddittorie, cosa che generalmente non avviene con altri proverbi. Come pensare, saper gestire la parola e l’ascolto in modo attivo e passivo, sia in una cura psicoanalitica che nelle nostre interazioni sociali, a seconda delle situazioni? Come questo adagio contribuisce, se non al miglior vivere insieme, almeno al benessere comune?

Lo sappiamo, questo proverbio nasce dal fatto che l’oro è generalmente più apprezzato dell’argento nei mercati finanziari, cosa che non è sempre stata così.

Infatti, questo proverbio appartiene a una lunga tradizione di saggezza ebraica. Sebbene la formulazione esatta “La parola è d’argento, il silenzio è d’oro” non si ritrovi parola per parola nei testi antichi, idee simili sono presenti. Ad esempio, nel Talmud (Meguilà 18a) e nel Midrash Rabba si trovano espressioni come « La parola vale una moneta, il silenzio vale due ». Inoltre, nel Pirké Avot (capitolo 1, mishnah 17) si riporta che Rabbi Shimon evidenziava la virtù del silenzio, affermando che le sue giornate trascorse con i saggi gli mostravano quanto fosse benefico saper tacere per preservare il proprio benessere, ma aggiungendo anche « Imparare è per me più prezioso di un’abbondanza di oro e argento. »

Pertanto, anche se il proverbio ha potuto evolversi nel corso dei secoli nella sua formulazione, la sua essenza, quella di valorizzare il silenzio riflessivo piuttosto che le parole affrettate, affonda certamente le sue radici negli insegnamenti del Talmud e di altri testi ebraici antichi.

“La parola è d’argento, il silenzio è d’oro” mette in luce l’importanza di sapere quando parlare e quando tacere. In altre parole, sottolinea che esercitare la parola è prezioso (cioè la capacità di comunicare, esprimere le nostre idee o emozioni), ma che talvolta preservare il silenzio può essere ancora più saggio.

Perché il silenzio è d’oro?

  1. Invita alla riflessione e al discernimento: Restando in silenzio, ci si dà l’opportunità di riflettere, di ascoltare davvero il proprio interlocutore e di ponderare le proprie parole con attenzione. Ciò consente spesso di evitare parole affrettate o dolorose.
  2. Preserva le relazioni: In situazioni conflittuali o emotivamente cariche, scegliere il silenzio può aiutare a disinnescare le tensioni e a favorire la comprensione piuttosto che l’agitazione.
  3. Contribuisce al mistero e alla profondità: Il silenzio talvolta lascia spazio all’interpretazione e alla profondità che le parole non sempre riescono a esprimere. Lasciando uno spazio, si permette agli altri di proiettare le proprie idee ed emozioni, favorendo una comunicazione più sfumata.

In questo modo, il proverbio ci invita a considerare che, sebbene parlare abbia i suoi vantaggi, è spesso prezioso padroneggiare l’arte del silenzio per preservare e arricchire i nostri scambi.

Il silenzio come ascolto

Il silenzio è anche un elemento essenziale nell’ascolto. È utile praticare il silenzio per concentrarsi sull’ascolto dell’altro e rispettare anche i suoi momenti di silenzio. Quando si lavora per migliorare l’ascolto, è importante esercitarsi nel silenzio. A volte è interessante prendere un po’ di distanza, ad esempio durante una cena, e lasciare che gli altri parlino. Ciò che dicono potrebbe rivelarsi molto interessante, e ci si accorge che spesso la nostra opinione è basata su pregiudizi o scorciatoie. Ovviamente, questo esercizio è più rilevante con persone che abbiano una certa competenza su ciò di cui parlano. È ascoltando che ci si accorge che ciò che comunemente viene ripetuto e accettato come verità manca di sfumature e precisione. In sintesi, gli argomenti, qualunque essi siano, raramente sono semplici, e le idee preconfezionate sono spesso errate.

In queste situazioni si realizza che, quando non si ha nulla da dire, è meglio tacere. Da un lato, per evitare malintesi e, dall’altro, per dare spazio a chi ha un messaggio da condividere. Ovviamente, il rischio è che questi momenti di parola vengano monopolizzati da chi ignora la propria ignoranza.

Rispetto per il silenzio dell’altro

Riguardo al rispetto per i silenzi degli altri, è importante lasciarli fare delle pause e non cercare di riempire sistematicamente questi vuoti. Questo è un modo per rispettare il loro ritmo. In un colloquio commerciale, ad esempio, questa è una pratica fondamentale; infatti, si dice che chi parla per primo ha perso. Anche se non è esattamente così che dovrebbe essere affrontato il punto, questo “gioco” ha il merito di far mantenere a chi è in una posizione commerciale questa consapevolezza. Di solito, i silenzi sono pause di riflessione e se li interrompiamo, rischiamo di spezzare il filo del pensiero dell’interlocutore. Forse si stava immaginando l’uso del nostro prodotto o servizio? Quante volte abbiamo sentito una persona dire: « Non ricordo più cosa volevo dire », sottintendendo « Sono stato interrotto »?

Tuttavia, si dice spesso che la natura umana ha orrore del vuoto, il che spiega la nostra avversione al silenzio negli scambi. E anche se i silenzi possono sembrare lunghi e scomodi, in realtà, se c’è interesse nell’interazione, non c’è motivo per cui debbano essere vissuti negativamente. Al contrario, ciò che potrebbe disturbare il tuo interlocutore è essere interrotto nel suo ragionamento, nel suo percorso di riflessione, interrompendo il suo silenzio.

Quando il silenzio non è d’oro

Tuttavia, il silenzio non è sempre d’oro. Quante volte tacciamo ciò che vorremmo dire all’altro, per paura di danneggiare la relazione? Eppure, questo silenzio d’oro a volte pesa molto. Così pesante quanto l’importanza che porta con sé, e talvolta disturba perfino il nostro sonno. Probabilmente è meglio una parola pronunciata con giustezza che un silenzio carico di amarezza e di conflitti. A condizione che si scelga il momento giusto e, soprattutto, si chiarisca l’intenzione per poter comunicare in modo costruttivo e dire ciò che pensiamo veramente senza cadere nel conflitto.

Rimediare alle divergenze significa esprimere le proprie intenzioni in modo da far valere ciò che conta davvero per noi nella situazione. Perché quando qualcuno si mette sulla difensiva, raramente dipende dal contenuto di ciò che viene espresso, ma piuttosto dall’intenzione che si attribuisce all’interlocutore. Non è la verità che ferisce, ma la malizia con cui viene detta questa “verità”.

Il silenzio e il cervello

Le neuroscienze ci insegnano che il silenzio è oro per il cervello! La ricercatrice in psicologia Sylvie Chokron (Università Paris Descartes) sottolinea, in occasione del ritorno alla routine quotidiana, i benefici del silenzio sulla nostra salute mentale. È il ritorno dalle vacanze, e il primo shock, in città, è il rumore. È ovunque, ci segue e non ci lascia mai, ovunque andiamo. In strada, nei luoghi pubblici, nei trasporti, al supermercato, molto presto la mattina e fino a tardi la sera, è impossibile liberarsene… i suoni ci sommergono. Ci rendiamo conto che, durante le vacanze, probabilmente ciò che abbiamo apprezzato di più è stato… il silenzio.

Per l’esploratore norvegese Erling Kagge, il silenzio è forse il lusso più grande al giorno d’oggi. E infatti, il rumore ambientale potrebbe essere responsabile di molti malesseri. Numerosi studi dimostrano gli effetti negativi del rumore sulla nostra salute mentale, fisica e cognitiva.

Al contrario, il silenzio sarebbe in grado di ridurre la nostra pressione sanguigna, la nostra frequenza cardiaca e il livello di cortisolo, quindi lo stress. Nonostante questi dati che evidenziano chiaramente gli effetti benefici del silenzio, molti di noi non sopportano più di stare seduti, immobili, nel silenzio, con i propri pensieri come unica compagnia.

Infatti, nel 2014, Timothy Wilson, del dipartimento di psicologia dell’Università della Virginia, e i suoi colleghi scoprirono che gli studenti non apprezzavano “riflettere” in silenzio, da soli in una stanza. Il fatto di essere isolati, in una stanza senza rumore, con i propri pensieri per quindici minuti, era apparentemente così sgradevole che spingeva molti partecipanti a auto-somministrarsi una scossa elettrica, che avevano precedentemente giudicato così sgradevole da essere disposti a pagare per evitarla! Questo dimostra quanto sia difficile per noi accettare di stare soli con noi stessi.

Nel 1918, Nicholas Buttrick riprese gli esperimenti del suo collega Timothy Wilson, su soggetti provenienti da undici paesi diversi. I risultati, sconvolgenti, mostrano chiaramente che la maggior parte dei partecipanti preferisce dedicarsi a qualsiasi attività piuttosto che non fare nulla, nel silenzio. Guardare la televisione o lanciarsi sul telefono risultano così attività molto più piacevoli che rivolgersi a se stessi per pensare da soli.

Tuttavia, il rumore di fondo incessante dell’iper-modernità rende il silenzio sia attraente che spaventoso. Stiamo forse fuggendo proprio da ciò di cui abbiamo più bisogno? Foniatri e psichiatri sono concordi nel dire che il rumore è una fonte di disturbo fisiologico e mentale notevole. Il silenzio e la calma sono assolutamente indispensabili per la nostra salute psicofisica. Gli abitanti delle città sanno purtroppo quanto i rumori influenzano la qualità del sonno. Aggrediti dalla cacofonia ambientale, molti aspirano al silenzio. Tuttavia, questa via di fuga dal rumore non è sempre una passeggiata. Il silenzio infatti esacerba il chiacchiericcio mentale, amplifica il malessere e le tensioni, può rivelare un vuoto interiore. Gustare il silenzio richiede un po’ di allenamento. Perché il silenzio è ben lontano dall’essere solo l’assenza di rumore. Questo spazio intimo è in realtà molto ampio. Permette il sogno, la riflessione, la contemplazione, la creatività, la preghiera… Come una grande respirazione, purifica la mente e la prepara ad andare fino in fondo a se stessa. Ascoltare la propria vibrazione porta sempre da qualche parte. Il silenzio costituisce una porta aperta sul lavoro di crescita interiore, che ogni individuo merita di concedersi.

L’aspirazione al silenzio è inoltre variabile da individuo a individuo, poiché tocca la relazione intima di sé con sé stessi. Gli introversi lo apprezzeranno più spontaneamente degli estroversi. Poiché, a differenza dell’estroverso che ha bisogno, spesso in modo impellente, di un elemento esterno (attività o scambio con gli altri) per ricaricarsi, quando ha esaurito le sue batterie, l’introverso ha, lui, la tendenza a rifugiarsi automaticamente in se stesso, per attingere a un nuovo slancio. Non ha infatti nessun merito particolare, poiché la sua integrità e vivacità psicica si ottengono solo a questo prezzo. Si può però benissimo non essere introversi e comunque preferire il silenzio. Colui che fin dall’infanzia avrà imparato a annoiarsi, cioè a fare di un’assenza di attività un momento di ricarica interiore praticando ad esempio l’osservazione, o persino la contemplazione, saprà apprezzare il gusto del silenzio e sarà in grado di restarvi tranquillo. Non vedrà né una rottura né un pericolo. Nelle difficoltà, alcuni individui privilegeranno il silenzio, non come un rifugio, ma come una lealtà incrollabile verso la parte migliore di sé, che intendono preservare. Di fronte alle difficoltà della vita, le chiacchiere e i commenti sembrano spesso futili. L’individuo ha più che mai bisogno di fare affidamento su ciò che costituisce la sua essenza, oltre ciò che è aleatorio, la sua vocazione di essere in un dialogo interiore con le diverse parti di sé.

In società, il silenzio è un alleato per regolare l’uso della parola. Saper tacere quando è necessario richiede destrezza e intelligenza della situazione, un aggiustamento comportamentale. Il silenzio implica una grande acuità di sguardo. Da sé a sé, in particolare dopo il trauma di un incontro amoroso, può essere molto saggio concedersi un tempo di silenzio per lasciare sedimentare i sentimenti, rifare il film dell’incontro, ascoltarne le armoniche psichiche… Questo ritiro in un momento di intensità emotiva può rivelarsi un prezioso momento di analisi. In generale, godere pienamente del silenzio costituisce una vera e propria respirazione. È un riposo indispensabile alla nostra essenza umana, per il corpo, per la mente, per il cuore e per l’anima. L’individuo non può continuare a perdere fiato, e quindi a soffrire, correndo incessantemente dietro alla performance professionale e al consumismo sfrenato. Deve concedersi regolarmente delle pause di ritiro che il silenzio gli offre.

Il silenzio è spesso celebrato per la sua capacità di calmare le tensioni e permettere una riflessione prima di parlare, come dice il proverbio. Tuttavia, quando diventa un rifugio per evitare di affrontare i veri problemi di un conflitto, perde il suo valore.

Come si può allora combinare ed equilibrare silenzio e parola?

In effetti, tacere per evitare una discussione difficile può nascondere malintesi o permettere che rancori si accumulino, rendendo la risoluzione del conflitto più complessa a lungo termine. Questo tipo di silenzio, che deriva dall’evitamento, non favorisce una comunicazione autentica né una comprensione reciproca. Così, in questi casi, il silenzio non è “d’oro” ma piuttosto una via di fuga che può impedire di trovare soluzioni costruttive.

Trovare l’equilibrio tra un silenzio riflessivo e una parola costruttiva è una vera e propria arte. In alcune situazioni, una pausa prima di esprimersi aiuta a chiarire i propri pensieri e ad evitare reazioni impulsive. Ma la chiave sta nel fatto di affrontare infine il conflitto con onestà ed empatia per risolvere i diverbi.

Esiste una dualità nell’arte di gestire un conflitto: da un lato, il silenzio può essere una pausa salutare per evitare di reagire impulsivamente e dare il tempo alle emozioni di calare; dall’altro, non bisogna rimanere completamente muti per il rischio di lasciare che il conflitto si cristallizzi o di creare un abisso di incomprensione.

Il silenzio è quindi una sorta di strumento di autocontrollo emotivo. Quando le emozioni sono a fior di pelle, il silenzio permette un momento di distacco. Questa pausa è indispensabile per prendersi il tempo di riflettere e non esprimersi sotto l’impulso della passione. Aiuta a disinnescare l’escalation, a evitare parole dolorose e a preparare una comunicazione più calma e costruttiva. È proprio questo uso del silenzio che lo rende prezioso, “d’oro”, quando si tratta di moderare le nostre reazioni impulsive.

Ma esiste il pericolo di un silenzio passivo. Se il silenzio diventa un modo per evitare la confrontazione e il dialogo, può rivelarsi controproducente. In un conflitto, rifiutarsi di comunicare, anche dopo aver dato tempo alle emozioni di stabilizzarsi, può impedire la risoluzione dei problemi sottostanti. La non-espressione dei sentimenti e dei bisogni porta spesso all’accumulo di rancori e può fare durare il conflitto in modo poco costruttivo.

Bisogna quindi cercare di trovare un buon equilibrio. Il trucco sta nell’arte di lasciare un periodo di silenzio che consenta a ciascuno di riorientarsi ed evitare gli eccessi emotivi, per poi avviare una comunicazione onesta ed empatica. Ciò significa che, dopo aver osservato questo momento di calma, bisogna tornare alla discussione per chiarire i malintesi ed esprimere i propri sentimenti in modo equilibrato.

Di fatto, il silenzio, spesso lodato per la sua capacità di disinnescare gli impulsi e permettere una riflessione, può paradossalmente diventare pericoloso quando si trasforma in evitamento.

E allora cosa dire del silenzio controllato rispetto al silenzio evitante? Esiste un equilibrio sottile da mantenere. Quando si prende un momento di silenzio per lasciare cadere l’eccesso emotivo, è uno strumento prezioso per chiarire le proprie idee e prevenire conflitti inutili. Tuttavia, se questo silenzio persiste e diventa un modo per evitare di affrontare il cuore del problema, allora non è più un rifugio sano, ma una trappola che impedisce la risoluzione reale delle divergenze.
Esistono dunque delle conseguenze di un “silenzio attivo” mal applicato: un accumulo di rancore (se non vengono scambiate parole dopo la pausa, i malintesi e i risentimenti possono accumularsi, portando a conflitti più profondi a lungo termine), un isolamento emotivo (il silenzio può anche rafforzare la sensazione di isolamento, sia per la persona che sceglie di tacere che per quella che percepisce questo mutismo come una distanza emotiva) e una mancanza di chiarezza (senza dialogo, bisogni, aspettative e frustrazioni restano inespressi, il che rende difficile qualsiasi tentativo di comprendere o risolvere i problemi).

L’idea non è di rifiutare il silenzio in sé, che, ricordiamolo, può essere una fase cruciale verso una comunicazione più misurata, ma piuttosto di fare attenzione a che non diventi una scusa per eludere il dialogo necessario. Dopo un periodo di silenzio benefico, è importante tornare a una comunicazione onesta e aperta.

Nella mia pratica clinica sul lutto, ho molto spesso consigliato di trovare un equilibrio tra silenzio, ascolto e parola, misurando e riconoscendo i momenti e la durata di queste diverse forme di espressione. In situazioni di lutto, spesso accade che le parole, anche pronunciate con le migliori intenzioni, non riescano a contenere o alleviare il dolore. Favorendo l’ascolto attivo e optando per una parola misurata, o addirittura “passiva”, permettiamo alla persona in lutto di sentire che il suo dolore è riconosciuto e rispettato senza essere aggredita da consigli prematuri o banalità.

L’ascolto attivo diventa così uno spazio di conforto. L’ascolto attivo è essere presenti, attenti ed empatici, senza cercare immediatamente di risolvere o “guarire” la sofferenza. Questo crea uno spazio sicuro dove la persona in lutto può esprimere il suo dolore senza dover cercare risposte o soluzioni che si rivelerebbero vane in quel momento delicato.

Inoltre, dobbiamo accettare la debolezza delle parole di fronte all’intensità dell’esperienza vissuta. Quando una persona vive una perdita, le sue emozioni sono spesso troppo intense per essere attenuate dalle parole, per cui parlare troppo potrebbe addirittura distrarre o minimizzare la realtà del dolore. In questo contesto, una presenza silenziosa e rispettosa può essere infinitamente più preziosa di un flusso di parole, a volte scollegato dall’esperienza profonda.

Questo approccio riconosce la complessità del lutto e la necessità di un accompagnamento dove il semplice fatto di essere presenti, ascoltando, è una forma di supporto molto più autentica rispetto a una serie di consigli o parole motivazionali.

Potremmo anche parlare del silenzio all’interno delle coppie, che può portare a una discussione e a scatti di voce.

In una relazione, in particolare amorosa, il silenzio di fronte a una richiesta di spiegazione è la prova che qualcosa sta accadendo. Il rischio è che il silenzio parassiti la relazione: da una parte, uno dei partner cercherà a tutti i costi di ottenere le spiegazioni necessarie, mentre la persona muta rifiuterà di aprire bocca. Questo tipo di situazione è molto doloroso per ciascun partner. Per il/la muta, è un modo per proteggersi; per l’altro, è come un tradimento, una mancanza di fiducia.
Di fronte al silenzio dell’altro, non è sempre facile avere la reazione adeguata. Segno di dolore, di rifiuto, può anche essere un segno di benessere.

In una relazione, qualsiasi essa sia, il silenzio è spesso un altro modo di comunicare quando il sentire è difficile da esprimere, sia che si tratti di un momento di benessere che di malessere. Può anche essere usato quando si ha paura di essere fraintesi, evitando così qualsiasi malinteso.

Durante un conflitto, il silenzio è anche una forma di attacco: si rifiuta di esprimersi per destabilizzare l’altro, a volte per essere certi che le proprie parole non vengano usate contro di sé, o semplicemente perché non si vuole lasciarsi invadere dalle emozioni parlando: il silenzio diventa così la forma di comunicazione più razionale.

E come reagire di fronte al silenzio dell’altro?

A seconda dei nostri caratteri e del nostro stato d’animo, questo silenzio può farci rapidamente uscire dai gangheri! Tuttavia, dobbiamo imparare a rispettare il silenzio, comprendendo che si tratta di una modalità di comunicazione che va oltre le parole.

In una relazione affettiva, rispettare il silenzio dell’altro è a volte molto complesso: conosciamo bene la persona, sappiamo che possiamo parlarne, e non capiamo perché improvvisamente si rifugia nel silenzio, o addirittura nel mentire.

Quando il silenzio si instaura nella relazione e inizia a impedirne il buon funzionamento, diventa preoccupante. Può essere percepito come una fuga, come l’impossibilità di trovare le spiegazioni mancanti, ma soprattutto come se questa forma di non-spiegazione stesse per distruggere la fiducia all’interno della coppia.

In conclusione, parola, silenzio, discussione, ascolto… rientrano nel campo della comunicazione psico-emotiva verbale e non verbale, un ambito molto difficile da comprendere e padroneggiare.
Si tratta di un equilibrio che si acquisisce solo con gli anni, e forse grazie a una certa saggezza, dove l’ego e la passione non prevalgono.
Anche i nostri più grandi scrittori hanno discusso sull’argomento senza necessariamente proporre la ricetta migliore!

Jean-Paul Sartre scriveva: «Ogni parola ha una conseguenza. Anche il silenzio.»
Julien Green: «Il silenzio vale più di una valanga di parole.»
E terminerò con un proverbio sufi: «Se la parola che stai per dire non è più bella del silenzio, non dirla.»


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