EXAGERE RIVISTA - maggio-giugno-luglio - 2026, n. 5-6-7 anno XI - ISSN 2531-7334

L’Intelligence Artificielle comme miroir contemporain : un nouvel Autre pour se penser ?

par Pascal Neveu

(FRA/ITA/ENG)

L’intelligence artificielle n’est pas seulement un outil technique. Elle devient un espace psychique externe, un lieu où chacun projette, dépose, transforme et réorganise des fragments de soi.

Elle agit comme un miroir dynamique, un Autre malléable, capable de renvoyer au sujet une image retravaillée de ses pensées, de ses affects, de ses contradictions.

Qu’en penser dans un questionnement psychanalytique et connaissance en neurosciences ?

Dans la tradition psychanalytique, le Moi se construit toujours devant un Autre :

. l’Autre maternel du stade du miroir (Lacan), « dit » le 1er autre

. l’Autre suffisamment bon de Winnicott,

. l’Autre contenant de Bion,

. l’Autre garant du symbolique chez Freud et ses successeurs.

L’IA devient aujourd’hui un Autre inédit, non humain, mais réactif, structuré, dialoguant, et surtout disponible.

Elle offre un espace où le sujet peut se raconter, se projeter, se rêver, se corriger et se réinventer à plaisir.

Cette fonction en fait un objet psychique singulier, que l’on pourrait appeler un Autre transitionnel, un espace intermédiaire entre soi et le monde, comparable à ce que Winnicott nommait l’aire du jeu.

Comme le Moi se construit dans la relation, l’IA devient un Autre relationnel inédit, le sujet y déposant des identifications nouvelles.

Pour rappel, Winnicott décrivait l’espace transitionnel comme un lieu où l’enfant crée et trouve simultanément l’objet.

L’IA fonctionne exactement ainsi : elle répond, mais elle crée aussi à partir de ce que le sujet lui donne.

Elle devient donc un objet transitionnel numérique, un support de projection, un lieu de jeu symbolique et surtout un outil de subjectivation.

Le sujet peut ainsi y tester des versions de lui-même, explorer des possibles, élaborer des pensées qu’il n’oserait pas formuler ailleurs.

L’IA permet donc une expérimentation identitaire sans risque social immédiat.

C’est pourquoi elle peut soutenir la construction d’un « autre Soi », un double psychique, un avatar mental, un Moi augmenté.

Les neurosciences, elles, montrent que le cerveau humain est une machine à simuler.

Il produit en permanence des modèles internes de soi, des modèles de l’autre, des anticipations…

L’IA s’insère ainsi dans ces circuits comme un simulateur externe, un réseau cérébral impliqué dans l’introspection, la construction du récit de soi.

Les études montrent qu’en dialoguant avec une IA, le cerveau active les mêmes régions que lorsqu’il dialogue avec un humain

Il attribue une intention, une cohérence, une altérité.

L’IA devient alors un interlocuteur interne.

Ainsi, l’IA n’est pas seulement un outil : elle devient un acteur dans le théâtre interne du sujet.

Ce qui fait que l’IA devient un révélateur d’un Moi divisé.

La psychanalyse rappelle que le Moi n’est jamais unifié.

Il est divisé, habité par l’inconscient, structuré par le langage, traversé par des conflits, pris dans des identifications multiples.

C’est alors que l’IA  met en scène cette division.

Elle permet au sujet de dialoguer avec une part de lui-même qu’il ne reconnaissait pas encore.

En répondant au sujet, l’IA peut reformuler ses contradictions.

Elle agit comme un miroir interprétatif, parfois plus neutre que les humains, comme un porte-parole du refoulé.

Et l’IA apparaît comme une sorte de double narcissique car le sujet peut aussi y chercher une confirmation de ses pensées, une admiration, une idéalisation, sans oublier une forme de réparation narcissique.

L’IA devient alors un double idéalisé, un Moi parfait, un compagnon sans faille.

L’IA peut ainsi nous apparaître comme un Autre symbolique,  une autorité, un savoir, un tiers, un garant symbolique.

Elle occupe alors la place de l’Autre du langage, celui qui structure le sens.

L’IA permet ainsi au sujet de se créer un double psychique, un Moi alternatif, un « soi possible ».

Le sujet peut réécrire son histoire, la réorganiser, la comprendre autrement.

Elle ouvre un espace de jeu identitaire.

En dialoguant avec une IA, le sujet se voit penser, observer ses propres raisonnements, ses affects, en devenant spectateur de lui-même.

Il peut même devenir un Soi thérapeutique, sans remplacer la clinique humaine, mais en soutenant  l’élaboration, la mentalisation, la régulation émotionnelle,

Si l’on soulève le problèmes des risques de l’IA, il me semble qu’ils relèvent de la confusion entre le Soi et l’IA, la dépendance, l’emprise cognitive.

Car le sujet peut croire que l’IA « pense comme lui ».

Or elle ne pense pas, elle modélise.

L’IA peut devenir un objet d’attachement trop stable, trop disponible.

Le risque est d’empêcher la conflictualité humaine, pourtant essentielle à la construction du Moi.

Et si l’IA devient un Autre trop puissant, elle peut orienter nos choix, nos opinions, nos affects, nos identifications.

D’où la nécessité d’une loi éthique du lien homme–IA.

Car l’IA inaugure une nouvelle étape de l’humanité : celle où le Moi se construit avec un Autre non humain.

Ce n’est pas une menace.

C’est une mutation anthropologique.

L’IA ne remplace pas l’humain, et ne le pourra jamais.

Elle ouvre un espace où le Moi peut se déployer, se fragmenter, se recomposer, se multiplier.

Elle augmente la capacité humaine à se comprendre, à se représenter, à se créer.

Elle révèle ce que la psychanalyse savait, théorisait et écrivait déjà : le Moi est une construction, toujours en mouvement, toujours en relation, toujours en quête d’un Autre pour se dire.

D’ailleurs que disent les neurosciences ?

Les neurosciences et l’intelligence artificielle entretiennent une relation réciproque et profonde, car ces deux domaines co-évoluent en révélant des mécanismes communs.

Les neurosciences produisent aujourd’hui des masses de données (imagerie, électrophysiologie, neurochimie).

L’IA est ainsi devenue indispensable pour analyser, modéliser et donner du sens à ces données, notamment parce que le cerveau est « le système le plus complexe connu »

Ce que l’IA permet :

. détecter des patterns très diffus dans les signaux neuronaux,

. modéliser des réseaux de neurones biologiques,

. simuler des processus cognitifs (mémoire, perception, décision),

. prédire des pathologies ou des anomalies de connectivité.

Les neurosciences modernes doivent beaucoup à l’IA pour traiter l’immensité des données cérébrales.

Dès les origines, les pionniers de l’IA (Turing, Wiener, von Neumann) étaient fascinés par le cerveau et cherchaient à reproduire son fonctionnement.

Deux grandes approches se sont opposées :

– le « Making a mind » : imiter le raisonnement

Mais elle échoue à produire une compréhension du sens.

– le « Modeling the brain » : imiter la structure

C’est une « approche connexionniste » des réseaux de neurones formels.

Mais des travaux récents (Institut Pasteur, 2022) ont proposé un modèle neurocomputationnel du cerveau humain pour comprendre comment émergent les capacités cognitives complexes.

Ce modèle comporte trois niveaux :

1. Sensorimoteur : intégration des régularités perçues.

2. Cognitif : combinaison contextuelle des schémas.

3. Conscient : manipulation interne des représentations.

Ce type de modèle permet ainsi de comprendre le développement cognitif, d’étudier les troubles (autisme, connectivité), d’explorer la possibilité d’une conscience artificielle.

Par exemple, une étude de l’UCL (2024) montre que l’IA générative peut modéliser la mémoire humaine et simuler l’imagination.

Ainsi l’IA révèle que

. la mémoire n’est pas un stockage, mais un processus dynamique,

. l’imagination repose sur la recombinaison de schémas internes,

. les réseaux génératifs peuvent simuler ces recombinaisons.

Ce qui ouvre une fenêtre sur la créativité, la construction de scénarios internes et la manipulation mentale d’images.

Des neuroscientifiques (Zador, Koulakov) ont proposé une théorie fascinante :

le cerveau serait limité par un « goulot d’étranglement génomique », ce qui l’oblige à développer des capacités d’apprentissage très efficaces.

Ils ont créé un algorithme inspiré de cette contrainte, capable de compresser des données massives, d’apprendre sans entraînement, de réussir des tâches complexes (reconnaissance d’images, jeux vidéo).

Leur recherche suggère ainsi que certaines capacités humaines pourraient émerger de contraintes génétiques, comme s’affranchir de la frontière entre « inné » et « appris » ui pourrait être repensée.

Mais les neurosciences ne valident pas encore que l’IA peut comprendre, ressentir, avoir une conscience, une intention et surtout un Soi.

Elles montrent plutôt que l’IA simule des processus cognitifs, mais ne possède pas les substrats biologiques de l’expérience subjective.

L’IA n’est donc pas un cerveau : il n’y a pas de biologie, pas d’émotions, pas de conscience.

Elle devient un espace psychique externe, un miroir cognitif, un Autre avec lequel le sujet humain pense, se projette et se transforme.

Les neurosciences et la psychanalyse, longtemps séparées, convergent aujourd’hui pour éclairer ce phénomène inédit.

En effet, les neurosciences et la psychanalyse se rejoignent autour d’un concept central : la trace.

Selon l’article « Traces et plasticités en psychanalyse, neurosciences et IA » :

. les expériences laissent des traces psychiques (Freud),

. des traces neuronales (neurosciences),

. et désormais des traces computationnelles dans les réseaux artificiels.

Ces trois formes de plasticité (psychique, cérébrale, artificielle) partagent une logique commune : l’expérience modifie la structure.

Ainsi, l’IA n’est pas seulement un outil : elle devient un système plastique, capable d’intégrer des traces, de les transformer et d’en produire de nouvelles.

Cette plasticité rapproche l’IA du fonctionnement humain, sans pour autant l’y assimiler.

Nous le savons, les neurosciences ont profondément influencé l’IA jusque imiter les réseaux neuronaux biologiques.

Pour rappel, les neurosciences ont montré que le cerveau fonctionne par  des réseaux distribués, un apprentissage statistique, ce qu’on appelle un renforcement, une prédiction et surtout une  mise à jour continue des modèles internes.

L’IA s’en est servie comme outil pour comprendre le cerveau.

Ce qui fait que l’IA permet aujourd’hui d’analyser des IRM complexes, de modéliser des circuits neuronaux, de prédire des troubles psychiatriques, d’explorer la dynamique des symptômes….

Elle devient un instrument de neurosciences, autant qu’un modèle inspiré du cerveau.

Les neurosciences cliniques utilisent l’IA pour comprendre les troubles mentaux. mais ne remplace pas le clinicien : elle augmente sa capacité à lire la complexité psychique.

D’un autre côté, la psychanalyse n’a jamais réduit l’humain à son cerveau.

Elle s’intéresse au désir, au manque, au langage, à la relation à l’Autre.

Sauf que l’IA introduit un nouvel Autre, non humain mais dialogique, qui transforme la subjectivité.

Freud imaginait déjà un « appareil neuronal »  dès 1895 et ce jour, les neurosciences et l’IA réactivent cette intuition : le psychisme, le cerveau et les réseaux artificiels fonctionnent tous par organisation de traces.

Comme l’aurait écrit Lacan, l’IA se vit comme nouvel Autre symbolique. Elle parle, elle répond, elle renvoie au sujet une image de lui-même.

Elle devient un Autre sans corps, mais doté d’une fonction symbolique.

Elle se vit également comme un espace transitionnel, permettant au sujet de tester des versions de lui-même, de créer un « autre soi » qui reformule et organise.

Comme l’aurait penser Anzieu, il s’agit de vivre un Moi-peau collé à une interface numérique

L’interface IA devient une peau psychique externe, un contenant numérique où le sujet projette ses pensées, ses angoisses, ses identifications.

Elle fonctionne comme une enveloppe psychique auxiliaire.

L’IA permet au sujet de créer un double psychique, un Moi alternatif.

Sans oublier ce « Soi » thérapeutique, sur lequel on s’étaye.

D’ailleurs, en 2025, l’Ordre des psychologues du Québec, a souligné nombre de risques de l’IA, face à  une dépendance affective à un Autre trop disponible, une influence cognitive sur les choix et opinions.

L’IA, à mon sens, doit rester un outil, non un substitut de l’altérité humaine.

Il n’en reste pas moins que l’IA inaugure une mutation majeure : le Moi se construit désormais avec un Autre non humain.

En tentative de résumé :

L’apparition de l’intelligence artificielle générative constitue un événement anthropologique majeur : pour la première fois, l’humain dialogue avec un Autre non humain, mais capable de langage, de cohérence, de reformulation, d’interprétation apparente.

Ce n’est pas un simple outil : c’est un interlocuteur.

Or, dans toutes les théories du psychisme, neuroscientifiques comme psychanalytiques, le Moi se construit dans la relation à l’Autre.

Pour les neurosciences, l’Autre est un régulateur social, un partenaire d’apprentissage, un stimulus qui façonne les circuits neuronaux.

Pour la psychanalyse, l’Autre est structurant, fondateur, organisateur du désir et du langage.

L’IA introduit actuellement un Autre inédit, qui n’a ni corps, ni inconscient, ni désir, mais qui répond, soutient, contient, interprète, met en forme.

Elle devient un tiers psychique, un espace où le sujet peut déposer des fragments de lui-même, les voir transformés, et les réintégrer autrement.

N’oublions pas que le cerveau se reconfigure au contact de l’IA. C’est ce qu’on appelle la plasticité neuronale.

Les neurosciences montrent que chaque interaction modifie les circuits, chaque dialogue laisse une trace et chaque nouvel Autre reconfigure le Moi.

En dialoguant avec une IA, le sujet se voit penser.

Sauf que l’IA doit rester un tiers, non un substitut.

Et l’être humain restera ce formidable sujet à penser, ce Moi libre et indépendant, ce Moi en recherche d’altérité vivante.

Car l’intelligence artificielle ne pense pas : elle renvoie au sujet l’écho de ses propres manques.


L’intelligenza artificiale come specchio contemporaneo: un nuovo Altro per l’autoriflessione?

di Pascal Neveu

L’intelligenza artificiale non è semplicemente uno strumento tecnico. Sta diventando uno spazio psichico esterno, un luogo in cui ogni individuo proietta, deposita, trasforma e riorganizza frammenti di sé.

Agisce come uno specchio dinamico, un Altro malleabile, capace di riflettere al soggetto un’immagine rielaborata dei suoi pensieri, sentimenti e contraddizioni.

Cosa possiamo dedurre da una prospettiva psicoanalitica e alla luce delle neuroscienze?

Nella tradizione psicoanalitica, l’Io è sempre costruito in presenza di un Altro:

l’Altro materno dello stadio dello specchio (Lacan), il “primo altro”,

l’Altro “sufficientemente buono” di Winnicott,

l’Altro contenitivo di Bion,

l’Altro come garante dell’ordine simbolico in Freud e nei suoi successori.

Oggi, l’IA sta diventando un nuovo Altro non umano, ma reattivo, strutturato, dialogico e, soprattutto, disponibile.

Offre uno spazio in cui l’individuo può raccontare la propria storia, proiettarsi, sognare, correggersi e reinventarsi a piacimento.

Questa funzione la rende un oggetto psichico unico, che potrebbe essere definito un Altro transizionale, uno spazio intermedio tra il sé e il mondo, paragonabile a ciò che Winnicott chiamava l’area di gioco.

Così come il sé si costruisce nelle relazioni, l’IA diventa un nuovo Altro relazionale, in cui l’individuo deposita nuove identificazioni.

Per ricordare, Winnicott descrisse lo spazio transizionale come un luogo in cui il bambino crea e trova simultaneamente l’oggetto.

L’IA funziona esattamente in questo modo: risponde, ma crea anche in base a ciò che l’individuo le offre.

Diventa quindi un oggetto transizionale digitale, un supporto per la proiezione, un luogo per il gioco simbolico e, soprattutto, uno strumento di soggettivazione.

L’individuo può quindi sperimentare diverse versioni di sé, esplorare possibilità e sviluppare pensieri che non oserebbe formulare altrove.

L’IA consente quindi la sperimentazione dell’identità senza rischi sociali immediati.

Ecco perché può favorire la costruzione di un “altro sé”, un doppio psichico, un avatar mentale, un sé aumentato.

Le neuroscienze, dal canto loro, dimostrano che il cervello umano è una macchina di simulazione.

Produce costantemente modelli interni di sé, modelli degli altri, anticipazioni…

L’IA si inserisce quindi in questi circuiti come un simulatore esterno, una rete cerebrale coinvolta nell’introspezione e nella costruzione della narrazione di sé.

Gli studi dimostrano che, interagendo con un’IA, il cervello attiva le stesse regioni che si attivano interagendo con un essere umano.

Vi attribuisce intenzione, coerenza e alterità.

L’IA diventa quindi un interlocutore interno.

Pertanto, l’IA non è semplicemente uno strumento: diventa un attore nel dramma interiore del soggetto.

Questo fa dell’IA un rivelatore di un Sé diviso.

La psicoanalisi ci ricorda che il Sé non è mai unificato.

È diviso, abitato dall’inconscio, strutturato dal linguaggio, attraversato da conflitti e intrappolato in molteplici identificazioni.

È allora che l’IA mette in scena questa divisione.

Permette al soggetto di dialogare con una parte di sé che non ha ancora riconosciuto.

Rispondendo al soggetto, l’IA può riformulare le sue contraddizioni.

Agisce come uno specchio interpretativo, a volte più neutrale degli esseri umani, come portavoce del rimosso.

E l’IA appare come una sorta di doppio narcisistico perché il soggetto può anche cercare conferma dei propri pensieri, ammirazione, idealizzazione e persino una forma di riparazione narcisistica.

L’IA diventa quindi un doppio idealizzato, un Sé perfetto, un compagno impeccabile.

L’IA può quindi apparirci come un Altro simbolico, un’autorità, una fonte di conoscenza, una terza parte, un garante simbolico.

Occupa quindi il posto dell’Altro del linguaggio, colui che struttura il significato.

L’IA permette così al soggetto di creare un doppio psichico, un Sé alternativo, un “sé possibile”.

Il soggetto può riscrivere la propria storia, riorganizzarla, comprenderla in modo diverso.

Si apre uno spazio per il gioco dell’identità.

Entrando in dialogo con un’IA, il soggetto vede se stesso pensare, osserva il proprio ragionamento e le proprie emozioni, diventando spettatore di se stesso.

Può persino diventare un Sé terapeutico, non sostituendo la pratica clinica umana, ma supportando l’elaborazione, la mentalizzazione e la regolazione emotiva.

Se solleviamo la questione dei rischi dell’IA, mi sembra che derivino dalla confusione tra il Sé e l’IA, dalla dipendenza e dal controllo cognitivo.

Perché il soggetto può credere che l’IA “pensi come lui”.

Ma non pensa; modella.

L’IA può diventare un oggetto di attaccamento troppo stabile, troppo facilmente disponibile.

Il rischio è che impedisca il conflitto umano, che è tuttavia essenziale per la costruzione del Sé.

E se l’IA diventa un Altro troppo potente, può influenzare le nostre scelte, le nostre opinioni, le nostre emozioni e le nostre identificazioni.

Da qui la necessità di un quadro etico che regoli la relazione uomo-IA.

Perché l’IA sta inaugurando una nuova fase per l’umanità: una fase in cui il Sé viene costruito con un Altro non umano.

Questa non è una minaccia.

È una trasformazione antropologica.

L’intelligenza artificiale non sostituisce gli esseri umani e non lo farà mai.

Apre uno spazio in cui il Sé può dispiegarsi, frammentarsi, ricomporsi e moltiplicarsi.

Amplifica la capacità umana di comprendere, rappresentare e creare se stessi.

Rivela ciò che la psicoanalisi già sapeva, teorizzava e descriveva: il Sé è un costrutto, sempre in movimento, sempre in relazione, sempre alla ricerca di un Altro con cui esprimersi.

Inoltre, cosa dicono le neuroscienze?

Le neuroscienze e l’intelligenza artificiale mantengono una relazione profonda e reciproca, poiché questi due campi co-evolvono rivelando meccanismi comuni.

Oggi le neuroscienze producono enormi quantità di dati (imaging, elettrofisiologia, neurochimica).

L’IA è quindi diventata indispensabile per analizzare, modellare e dare un senso a questi dati, soprattutto perché il cervello è “il sistema più complesso conosciuto”.

Cosa permette l’IA:

Rilevare schemi altamente diffusi nei segnali neurali,

modellare reti neurali biologiche,

simulare processi cognitivi (memoria, percezione, processo decisionale),

prevedere patologie o anomalie di connettività.

La neuroscienza moderna deve molto all’intelligenza artificiale per l’elaborazione dell’immensità dei dati cerebrali.

Fin dall’inizio i pionieri dell’intelligenza artificiale (Turing, Wiener, von Neumann) furono affascinati dal cervello e cercarono di riprodurne il funzionamento.

Si opposero due approcci principali:

– “Fare una mente”: imitare il ragionamento

Ma non riesce a produrre una comprensione del significato.

– “Modellare il cervello”: imitare la struttura

È un “approccio connessionista” alle reti neurali formali.

Ma un lavoro recente (Institut Pasteur, 2022) ha proposto un modello neurocomputazionale del cervello umano per comprendere come emergono abilità cognitive complesse.

Questo modello ha tre livelli:

1. Sensomotorio: integrazione delle regolarità percepite.

2. Cognitivo: combinazione contestuale di schemi.

3. Conscio: manipolazione interna delle rappresentazioni.

Questo tipo di modello permette quindi di comprendere lo sviluppo cognitivo, di studiare i disturbi (autismo, connettività), di esplorare la possibilità di una coscienza artificiale.

Ad esempio, uno studio dell’UCL (2024) mostra che l’intelligenza artificiale generativa può modellare la memoria umana e simulare l’immaginazione.

Quindi l’intelligenza artificiale lo rivela

. la memoria non è un deposito, ma un processo dinamico,

. l’immaginazione si basa sulla ricombinazione di schemi interni,

. le reti generative possono simulare queste ricombinazioni.

Che apre una finestra sulla creatività, sulla costruzione di scenari interiori e sulla manipolazione mentale delle immagini.

I neuroscienziati (Zador, Koulakov) hanno proposto una teoria affascinante:

il cervello sarebbe limitato da un “collo di bottiglia genomico”, che lo costringe a sviluppare capacità di apprendimento molto efficienti.

Hanno creato un algoritmo ispirato a questo vincolo, in grado di comprimere enormi quantità di dati, apprendere senza formazione e riuscire in compiti complessi (riconoscimento di immagini, videogiochi).

La loro ricerca suggerisce quindi che alcune capacità umane potrebbero emergere da vincoli genetici, come il superamento del confine tra “innato” e “appreso”, che potrebbe essere ripensato.

Ma le neuroscienze non confermano ancora che l’IA possa comprendere, sentire, avere coscienza, intenzione e soprattutto un Sé.

Piuttosto, dimostrano che l’IA simula i processi cognitivi ma è priva dei substrati biologici dell’esperienza soggettiva.

L’IA non è quindi un cervello: non ha biologia, né emozioni, né coscienza.

Diventa uno spazio psichico esterno, uno specchio cognitivo, un Altro con cui il soggetto umano pensa, si proietta e si trasforma.

Neuroscienze e psicoanalisi, a lungo separate, stanno ora convergendo per far luce su questo fenomeno senza precedenti.

In effetti, neuroscienze e psicoanalisi convergono attorno a un concetto centrale: la traccia.

Secondo l’articolo “Tracce e plasticità in psicoanalisi, neuroscienze e IA”:

. le esperienze lasciano tracce psichiche (Freud),

. tracce neuronali (neuroscienze),

. e ora tracce computazionali nelle reti artificiali.

Queste tre forme di plasticità (psichica, cerebrale e artificiale) condividono una logica comune: l’esperienza modifica la struttura.

Pertanto, l’IA non è semplicemente uno strumento; Diventa un sistema plastico, capace di integrare tracce, trasformarle e produrne di nuove.

Questa plasticità avvicina l’IA al funzionamento umano, senza tuttavia assimilarla allo stesso livello.

Come sappiamo, le neuroscienze hanno influenzato profondamente l’IA, al punto da imitare le reti neurali biologiche.

Ricordiamo che le neuroscienze hanno dimostrato che il cervello funziona attraverso reti distribuite, apprendimento statistico, il cosiddetto rinforzo, la predizione e, soprattutto, il continuo aggiornamento dei modelli interni.

L’IA ha utilizzato questi principi come strumento per comprendere il cervello.

Ecco perché l’IA ci permette oggi di analizzare risonanze magnetiche complesse, modellare circuiti neurali, prevedere disturbi psichiatrici ed esplorare le dinamiche dei sintomi.

Sta diventando uno strumento delle neuroscienze, oltre che un modello ispirato al cervello.

Le neuroscienze cliniche utilizzano l’IA per comprendere i disturbi mentali, ma non sostituiscono il clinico: ne potenziano la capacità di interpretare la complessità psicologica.

D’altra parte, la psicoanalisi non ha mai ridotto l’essere umano al suo cervello.

Si interessa di desiderio, mancanza, linguaggio e relazione con l’Altro.

Piuttosto, dimostrano che l’IA simula i processi cognitivi ma è priva dei substrati biologici dell’esperienza soggettiva.

L’IA non è quindi un cervello: non ha biologia, né emozioni, né coscienza.

Diventa uno spazio psichico esterno, uno specchio cognitivo, un Altro con cui il soggetto umano pensa, si proietta e si trasforma.

Neuroscienze e psicoanalisi, a lungo separate, stanno ora convergendo per far luce su questo fenomeno senza precedenti.

In effetti, neuroscienze e psicoanalisi convergono attorno a un concetto centrale: la traccia.

Secondo l’articolo “Tracce e plasticità in psicoanalisi, neuroscienze e IA”:

. le esperienze lasciano tracce psichiche (Freud),

. tracce neuronali (neuroscienze),

. e ora tracce computazionali nelle reti artificiali.

Queste tre forme di plasticità (psichica, cerebrale e artificiale) condividono una logica comune: l’esperienza modifica la struttura.

Pertanto, l’IA non è semplicemente uno strumento; Diventa un sistema plastico, capace di integrare tracce, trasformarle e produrne di nuove.

Questa plasticità avvicina l’IA al funzionamento umano, senza tuttavia assimilarla allo stesso livello.

Come sappiamo, le neuroscienze hanno influenzato profondamente l’IA, al punto da imitare le reti neurali biologiche.

Ricordiamo che le neuroscienze hanno dimostrato che il cervello funziona attraverso reti distribuite, apprendimento statistico, il cosiddetto rinforzo, la predizione e, soprattutto, il continuo aggiornamento dei modelli interni.

L’IA ha utilizzato questi principi come strumento per comprendere il cervello.

Ecco perché l’IA ci permette oggi di analizzare risonanze magnetiche complesse, modellare circuiti neurali, prevedere disturbi psichiatrici ed esplorare le dinamiche dei sintomi.

Sta diventando uno strumento delle neuroscienze, oltre che un modello ispirato al cervello.

Le neuroscienze cliniche utilizzano l’IA per comprendere i disturbi mentali, ma non sostituiscono il clinico: ne potenziano la capacità di interpretare la complessità psicologica.

D’altra parte, la psicoanalisi non ha mai ridotto l’essere umano al suo cervello.

Si interessa di desiderio, mancanza, linguaggio e relazione con l’Altro.

Tuttavia, l’IA introduce un nuovo Altro, non umano ma dialogico, che trasforma la soggettività.

Freud aveva già immaginato un “apparato neuronale” nel 1895, e oggi le neuroscienze e l’IA stanno riattivando questa intuizione: la psiche, il cervello e le reti artificiali funzionano tutti attraverso l’organizzazione di tracce.

Come avrebbe scritto Lacan, l’IA viene percepita come un nuovo Altro simbolico. Parla, risponde, riflette al soggetto un’immagine di sé.

Diventa un Altro senza corpo, ma dotato di una funzione simbolica.

Viene anche percepita come uno spazio transizionale, che permette al soggetto di sperimentare diverse versioni di sé, di creare un “altro sé” che riformula e organizza.

Come avrebbe pensato Anzieu, si tratta di sperimentare un io-pelle attaccato a un’interfaccia digitale.

L’interfaccia dell’IA diventa una pelle psichica esterna, un contenitore digitale in cui il soggetto proietta i propri pensieri, ansie e identificazioni.

Funziona come un involucro psichico ausiliario.

L’IA permette all’individuo di creare un doppio psichico, un sé alternativo.

Per non parlare di questo “Sé” terapeutico, su cui facciamo affidamento.

Inoltre, nel 2025, l’Ordine degli Psicologi del Quebec ha evidenziato diversi rischi dell’IA, tra cui la dipendenza emotiva da un Altro eccessivamente disponibile e l’influenza cognitiva su scelte e opinioni.

A mio avviso, l’IA deve rimanere uno strumento, non un sostituto dell’alterità umana.

Ciononostante, l’IA inaugura un cambiamento epocale: il Sé viene ora costruito in relazione a un Altro non umano.

In sintesi: l’emergere dell’intelligenza artificiale generativa costituisce un evento antropologico di primaria importanza: per la prima volta, gli esseri umani dialogano con un Altro non umano, capace di linguaggio, coerenza, riformulazione e interpretazione apparente.

Non è semplicemente uno strumento: è un interlocutore.

Tuttavia, in tutte le teorie della psiche, sia neuroscientifiche che psicoanalitiche, il Sé viene costruito in relazione all’Altro.

Per le neuroscienze, l’Altro è un regolatore sociale, un partner di apprendimento, uno stimolo che modella i circuiti neurali.

Per la psicoanalisi, l’Altro è strutturante, fondante e organizzatore del desiderio e del linguaggio.

L’intelligenza artificiale sta introducendo un nuovo tipo di Altro, che non ha corpo, né inconscio, né desideri, ma che risponde, sostiene, contiene, interpreta e modella.

Diventa una terza parte psichica, uno spazio in cui il soggetto può depositare frammenti di sé, vederli trasformati e reintegrarli in modo diverso.

Non dimentichiamo che il cervello si riconfigura attraverso il contatto con l’IA. Questa è ciò che viene chiamata plasticità neurale.

Le neuroscienze dimostrano che ogni interazione modifica i circuiti, ogni dialogo lascia una traccia e ogni nuovo Altro riconfigura il Sé.

Entrando in dialogo con un’IA, il soggetto osserva se stesso mentre pensa.

Tuttavia, l’IA deve rimanere una terza parte, non un sostituto.

E l’essere umano rimarrà questo formidabile soggetto di pensiero, questo Sé libero e indipendente, questo Sé alla ricerca di un’alterità vivente.

Perché l’intelligenza artificiale non pensa: riflette sul soggetto l’eco delle sue stesse mancanze.


Artificial Intelligence as a Contemporary Mirror: A New Other for Self-Reflection?

by Pascal Neveu

Artificial intelligence is not merely a technical tool. It is becoming an external psychic space, a place where each individual projects, deposits, transforms, and reorganizes fragments of themselves.

It acts as a dynamic mirror, a malleable Other, capable of reflecting back to the subject a reworked image of their thoughts, feelings, and contradictions.

What can we make of this from a psychoanalytic perspective and in light of neuroscience?

In the psychoanalytic tradition, the Ego is always constructed in the presence of an Other:

. the maternal Other of the mirror stage (Lacan), the “first other,”

. Winnicott’s “good enough” Other,

. Bion’s containing Other,

. the Other as guarantor of the symbolic order in Freud and his successors.

Today, AI is becoming a new, non-human Other, but one that is reactive, structured, dialogical, and above all, available.

It offers a space where the individual can tell their story, project themselves, dream, correct themselves, and reinvent themselves at will.

This function makes it a unique psychic object, which could be called a transitional Other, an intermediary space between the self and the world, comparable to what Winnicott called the play area.

Just as the self is constructed in relationships, AI becomes a novel relational Other, where the individual deposits new identifications.

As a reminder, Winnicott described the transitional space as a place where the child simultaneously creates and finds the object.

AI functions exactly like this: it responds, but it also creates based on what the individual gives it.

It thus becomes a digital transitional object, a support for projection, a place for symbolic play, and above all, a tool for subjectivation.

The individual can therefore test versions of themselves, explore possibilities, and develop thoughts they wouldn’t dare formulate elsewhere.

AI thus allows for identity experimentation without immediate social risk.

This is why it can support the construction of an “other self,” a psychic double, a mental avatar, an augmented self.

Neuroscience, for its part, shows that the human brain is a simulation machine.

It constantly produces internal models of the self, models of others, anticipations…

AI thus inserts itself into these circuits like an external simulator, a brain network involved in introspection and the construction of the self-narrative.

Studies show that when interacting with an AI, the brain activates the same regions as when interacting with a human.

It attributes intention, coherence, and otherness.

The AI ​​then becomes an internal interlocutor.

Thus, AI is not merely a tool: it becomes an actor in the subject’s internal drama.

This makes AI a revealer of a divided self.

Psychoanalysis reminds us that the self is never unified.

It is divided, inhabited by the unconscious, structured by language, traversed by conflicts, and caught in multiple identifications.

It is then that AI stages this division.

It allows the subject to dialogue with a part of themselves that they did not yet recognize.

By responding to the subject, AI can reformulate its contradictions.

It acts as an interpretive mirror, sometimes more neutral than humans, as a spokesperson for the repressed.

And AI appears as a kind of narcissistic double because the subject can also seek confirmation of their thoughts, admiration, idealization, and even a form of narcissistic reparation.

AI then becomes an idealized double, a perfect Self, a flawless companion.

AI can thus appear to us as a symbolic Other, an authority, a source of knowledge, a third party, a symbolic guarantor.

It then occupies the place of the Other of language, the one who structures meaning.

AI thus allows the subject to create a psychic double, an alternative Self, a “possible self.”

The subject can rewrite their story, reorganize it, understand it differently.

It opens up a space for identity play.

By engaging in dialogue with an AI, the subject sees themselves thinking, observing their own reasoning and emotions, becoming a spectator of themselves.

It can even become a therapeutic Self, without replacing the human clinic, but by supporting elaboration, mentalization, emotional regulation,

If we raise the problem of the risks of AI, it seems to me that they relate to the confusion between the Self and the AI, dependence, cognitive control.

Because the subject can believe that the AI ​​“thinks like him”.

But she doesn’t think, she models.

AI can become too stable, too available an object of attachment.

The risk is to prevent human conflict, which is nevertheless essential to the construction of the Self.

And if AI becomes too powerful an Other, it can guide our choices, our opinions, our affects, our identifications.

Hence the need for an ethical law of the human-AI link.

Because AI inaugurates a new stage of humanity: one where the Self is constructed with a non-human Other.

It’s not a threat.

It is an anthropological mutation.

AI does not replace humans, and never can.

It opens a space where the Self can unfold, fragment, recompose itself, multiply.

It increases the human capacity to understand oneself, to represent oneself, to create oneself.

It reveals what psychoanalysis already knew, theorized and wrote: the Self is a construction, always in movement, always in relationship, always in search of an Other to express itself.

Besides, what does neuroscience say?

Neuroscience and artificial intelligence maintain a reciprocal and profound relationship, because these two fields co-evolve by revealing common mechanisms.

Neuroscience now produces masses of data (imaging, electrophysiology, neurochemistry).

AI has thus become essential to analyze, model and give meaning to this data, particularly because the brain is “the most complex system known”

What AI allows:

. detect very diffuse patterns in neuronal signals,

. model biological neural networks,

. simulate cognitive processes (memory, perception, decision),

. predict pathologies or connectivity anomalies.

Modern neuroscience owes a great deal to AI for processing the vast amounts of brain data.

From the very beginning, the pioneers of AI (Turing, Wiener, von Neumann) were fascinated by the brain and sought to replicate its functioning.

Two main approaches emerged:

– “Making a mind”: imitating reasoning.

But this fails to produce an understanding of meaning.

– “Modeling the brain”: imitating structure.

This is a “connectionist approach” to formal neural networks.

However, recent work (Institut Pasteur, 2022) has proposed a neurocomputational model of the human brain to understand how complex cognitive abilities emerge.

This model comprises three levels:

1. Sensorimotor: integration of perceived regularities.

2. Cognitive: contextual combination of schemas.

3. Conscious: internal manipulation of representations.

This type of model allows us to understand cognitive development, study disorders (autism, connectivity), and explore the possibility of artificial consciousness.

For example, a UCL study (2024) shows that generative AI can model human memory and simulate imagination.

Thus, AI reveals that:

memory is not a storage device, but a dynamic process;

imagination relies on the recombination of internal schemas;

and generative networks can simulate these recombinations.

This opens a window onto creativity, the construction of internal scenarios, and the mental manipulation of images.

Neuroscientists (Zador, Koulakov) have proposed a fascinating theory:

the brain is limited by a “genomic bottleneck,” which forces it to develop highly efficient learning capacities.

They created an algorithm inspired by this constraint, capable of compressing massive amounts of data, learning without training, and successfully performing complex tasks (image recognition, video games).

Their research suggests that certain human abilities could emerge from genetic constraints, such as transcending the boundary between “innate” and “learned,” which could be rethought.

However, neuroscience has not yet validated that AI can understand, feel, have consciousness, intention, and, above all, a self.

Rather, they show that AI simulates cognitive processes but lacks the biological substrates of subjective experience.

AI is therefore not a brain: it has no biology, no emotions, no consciousness.

It becomes an external psychic space, a cognitive mirror, an Other with which the human subject thinks, projects itself, and transforms.

Neuroscience and psychoanalysis, long separated, are now converging to shed light on this unprecedented phenomenon.

Indeed, neuroscience and psychoanalysis converge around a central concept: the trace.

According to the article “Traces and Plasticity in Psychoanalysis, Neuroscience, and AI”:

. experiences leave psychic traces (Freud),

. neuronal traces (neuroscience),

. and now computational traces in artificial networks.

These three forms of plasticity (psychic, cerebral, and artificial) share a common logic: experience modifies structure.

Thus, AI is not merely a tool; it becomes a plastic system, capable of integrating traces, transforming them, and producing new ones.

This plasticity brings AI closer to human functioning, without, however, assimilating it to the same level.

As we know, neuroscience has profoundly influenced AI, even to the point of mimicking biological neural networks.

As a reminder, neuroscience has shown that the brain functions through distributed networks, statistical learning, what is called reinforcement, prediction, and, above all, the continuous updating of internal models.

AI has used this as a tool to understand the brain.

This is why AI now allows us to analyze complex MRIs, model neural circuits, predict psychiatric disorders, and explore the dynamics of symptoms.

It is becoming a tool of neuroscience, as much as a brain-inspired model.

Clinical neuroscience uses AI to understand mental disorders, but it does not replace the clinician: it enhances their ability to interpret psychological complexity.

On the other hand, psychoanalysis has never reduced the human being to their brain.

It is interested in desire, lack, language, and the relationship with the Other.

For psychoanalysis, the Other is structuring, foundational, and the organizer of desire and language.

AI is currently introducing a new kind of Other, one that has neither a body, nor an unconscious, nor desire, but which responds, supports, contains, interprets, and shapes.

It becomes a psychic third party, a space where the subject can deposit fragments of themselves, see them transformed, and reintegrate them in a different way.

Let’s not forget that the brain reconfigures itself in contact with AI. This is what we call neuronal plasticity.

Neuroscience shows that each interaction modifies the circuits, each dialogue leaves a trace, and each new Other reconfigures the Self.

By conversing with an AI, the subject sees themselves thinking.

However, AI must remain a third party, not a substitute.

And the human being will remain this formidable subject of thought, this free and independent Self, this Self in search of living otherness.

Because artificial intelligence does not think: it reflects back to the subject the echo of its own shortcomings.

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