EXAGERE RIVISTA - Settembre-Ottobre 2021, n. 9-10 anno VI - ISSN 2531-7334

Perdus dans le reseau. Les processus facilitants l’acte suicidaire

Primavera Fisogni, Allegra Fisogni

(FRA/ITA/ENG)

Le suicide est la deuxième cause de décès chez les adolescents dans le monde. Il existe de nombreuses raisons derrière une décision aussi extrême, souvent en corrélation avec un état psychologique de fragilité particulière. De plus en plus mis en avant par les médias et la communauté scientifique elle-même, le phénomène est mis en relation avec un facteur environnemental avec une réflexion profonde sur le monde de la jeunesse, c’est-à-dire avec le rôle joué par Internet et les réseaux sociaux tels que résonance »(écho chambre) de la décision de se suicider. Dans cet article, les auteurs, philosophe et psychologue, prêtent attention au rôle que l’environnement Onlife joue en tant que «facilitateur» du comportement, évaluant si et comment il intervient en ce qui concerne l’auto-annihilation. Si le web, plus encore que les autres médias, le suggère en termes émulatifs, l’interaction entre virtuel / réel est due à l’accélération du fiat, ou au mouvement final qui traduit le contenu idéal (suggestions du suicide net ou des réseaux sociaux ou du harcèlement) en performance. Ces considérations conduisent à donner une nouvelle résonance au concept d’instigation et confirment le rôle de la désorientation comme trait essentiel du suicide, confirmant à un niveau systémique (interaction entre l’environnement hors ligne et en ligne, dans le macrosystème Onlife) ce qui a été détecté au niveau phénoménologique. La dynamique des processus cognitifs / délibératifs normalement opaques à la connaissance est également focalisée, car c’est la prérogative de l’individu (former l’intention à travers la dynamique de l’analogie et de l’interrelation; sa réflexion sur le consentement) point de départ pour une problématique plus problématique compréhension d’un phénomène si pertinent dans la situation de la jeunesse contemporaine.

Le suicide comme désorientation existentielle

Il est impossible de retracer l’option suicidaire à une motivation dominante. Cependant, il est nécessaire de tracer une phénoménologie essentielle, afin de pouvoir la mesurer à la lumière de l’environnement Onlife, objectif de cette recherche. Le terme Onlife, récemment inventé (2015) par le philosophe et professeur italien à Oxford Luciano Floridi, fait référence à la réalité élargie, dans laquelle l’existence se déroule dans le monde hyper-connecté, agissant constamment entre réel et virtuel, hors ligne et en ligne.

Si la vie humaine, en raison de ses coordonnées temporelles et spatiales, peut être retracée sur un chemin, le suicide peut être interprété comme la décision de mettre fin à ce processus. Lorsque cela se produit en crise, c’est précisément une composante d’orientation: la capacité de voir un objectif valable et motivant à viser, ici et maintenant. Quelle que soit la diversité des raisons d’un suicide, à tout âge et dans toute situation psychophysique, ceux qui se suicident trouvent leur existence non plus sensée, ni orientée, ni orientable. Sur le plan phénoménologique donc, tout suicide – même s’il apparaît une décision lucide, dictée par une charge idéale – se manifeste en termes de désorientation.

Le suicide, sans surprise, s’accompagne souvent et surtout du désespoir: un état émotionnel qui, avant d’évoquer le manque d’espoir, évoque la perte, momentanée ou durable, d’un itinéraire le long duquel se canaliser, le sien projets, relations avec les autres. Dans l’interprétation du philosophe et psychanalyste James Hillman, le suicide peut même être configuré comme la tentative extrême de sortir du désespoir, pour provoquer le changement. La thèse de Durkheim sur le suicide altruiste entre dans cette catégorie. Parmi les modèles de références de Le suicide, étude de sociologie (1897), il y a le soldat qui sait qu’il doit se sacrifier, pour la guerre, pour la cause de la nation, ou la veuve indienne qui, dans la tradition de sa propre caste, s’immole sur le bûcher avec son mari. Ce sont, dans la perspective de Durkheim, des profils héroïques capables de racheter “la valeur négative sous-jacente à la pulsion de mort qu’implique le suicide”, en lui attribuant une “haute signification”. Malgré les antipodes de cette attitude, le djihadiste qui se fait exploser faisant des victimes innocentes, est ému par le désir de déstabiliser, de désorienter[1] un vaste public d’observateurs. Cet ordre de considérations est important pour définir pourquoi l’adolescence présente une “familiarité” avec le risque suicidaire, si nous pensons que c’est – dans le monde et en Italie – la deuxième cause de décès entre 15 et 29 ans.

Les jeunes et le suicide: une lecture existentielle

Dans le monde, comme en Italie, le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes, entre 15 et 29 ans. Il est calculé, statistiquement, que pour chaque personne qui réussit à se suicider, 20 autres tentent de se suicider. À l’échelle mondiale, le taux très élevé du phénomène au Japon, largement étudié à un niveau scientifique, doit être rappelé, tandis que l’Australie doit être reconnue pour son engagement préventif, qui a conduit, en 2016, à l’initiative gouvernementale intitulée «Raising the Bar for Youth Suicide Prevention “. L’action, visant en général à limiter le nombre de ceux qui ont l’intention de se suicider, vise en particulier les enfants, étant donné qu’en 2015, le pic des décès de jeunes de la décennie a été atteint (800 000 tués dans le monde personnes): principalement des hommes et souffrant d’une forme de détresse mentale (dépressions, troubles affectifs ou bipolaires) ou appartenant au monde LGBTQ. Elle suggère que les suicides liés d’une manière ou d’une autre à l’homosexualité ou aux différents choix sexuels des très jeunes sont, en Australie, six fois plus élevés que ceux de la communauté non LGBTQ. Ce qui est évident est, en particulier en ce qui concerne ces cas, un lien évident entre la détresse psychologique et la reconnaissance personnelle / sociale de son identité, et pas seulement du sexe. Toujours en 2015, 41 mille personnes, toujours dans un pourcentage très élevé de jeunes, ont tenté de se suicider. Toute réflexion sur la dynamique de ce phénomène tragique ne peut être dissociée du monde numérique, si l’on ne considère que quelques données: en 2019, 90,2% des garçons entre 15/25 ans ont surfé en permanence sur Internet, avec une légère prévalence d’hommes (90, 6%) sur les filles (89,8%). Comme pour tout autre aspect de la vie adolescente, le désir suicidaire doit également être lié au contexte. Les études menées jusqu’à présent ont mis en évidence principalement deux aspects: 1) le filet de suicide, ou les sites ou chats où l’on parle de suicide au point d’inciter les utilisateurs à le commettre et 2) Internet comme chambre d’écho pour cela. choix extrême. Nous en discuterons brièvement avant d’entrer dans le vif du sujet de cette recherche théorique, relative au web en tant que «facilitateur» de l’action, y compris l’acte suicidaire.

Internet et suicide: accords, émulation, salons de discussion

Par suicide net, nous entendons un espace sur le net où les choix suicidaires sont commentés ou incités, de manière plus ou moins explicite, à cet acte extrême. Fréquentés majoritairement par des adolescents, ces domaines présentent un risque élevé car, d’une part, ils favorisent l’émulation chez des sujets fragiles – l’âge lui-même expose les jeunes à une condition de fragilité émotionnelle physiologique – d’autre part ils présentent le suicide en termes héroïque, positive, comme la forme la plus élevée de réalisation existentielle. La présence de chats ou d’espaces de socialisation attachés, connectés à ces réseaux, souligne leur rôle d’éco-chambre ou de caisse de résonance du message véhiculé. Il existe donc un réel risque de déstabilisation pour ceux qui s’y heurtent.

Un autre problème, plus grave encore, concerne les phénomènes d’incitation ouverte au suicide de très jeunes, “victimes” choisies précisément en raison de leur propre faiblesse et / ou marginalité, comme le montre le projet du fantôme Blue Whale – le Blue Whale -, un phénomène mondial du réseau, rapporté par une enquête menée en Russie en 2016, mais diffusé sur le web depuis 2013. Selon la presse, une fois engagés, les jeunes cibles (âgés de 9 à 17 ans) ont été invités à mettre en pratique une série de 49 règles: se réveiller la nuit, regarder des films d’horreur, inviter à se rendre dans des bâtiments très hauts, seul, ou se pencher sur des rebords, se suicider (règle numéro 50) en se jetant du toit d’un immeuble . Bien qu’il ait souvent été question d’une invention médiatique sur le rorqual bleu, la corrélation établie entre les suicides de garçons et les traces de références à ce “jeu de la mort” sur leurs ordinateurs[2], suggère qu’il n’y avait pas seulement une circulation intentionnelle de ces contenus, mais aussi l’adhésion d’un grand nombre de jeunes, au moins au niveau de la curiosité et du partage des contenus. L’inventeur autoproclamé de la baleine bleue, un étudiant russe en psychologie, a été condamné et emprisonné[3]. Aujourd’hui, le phénomène a quasiment disparu de l’interaction sociale des plus jeunes, mais le potentiel d’agrégation des “jeux de la mort” dans le même sens reste très élevé.

Il est difficile de dire, sur un plan scientifique, sur des bases statistiques et quantitatives, à quel point l’exposition à l’environnement Web provoque l’émulation ou conduit même à la réalisation de l’acte suicidaire. Cependant, il ne faut pas oublier que dans les médias de masse antérieurs à Internet, principalement dans les journaux imprimés, le suicide a toujours été considéré comme une histoire non médiatique. Parmi les quelques règles édictées dans la profession, il y a celle de déclarer un suicide uniquement lorsqu’il a un caractère public, lorsqu’il a été commis dans un lieu de passage, par exemple, ou a eu des conséquences sur d’autres événements, comme dans Cas “classique” de la personne qui se jette sur les rails lors du passage d’un train. Il ne s’agit pas seulement de l’approche d’un fait personnel, d’intérêt non public (qui devrait être souvent et surtout de l’actualité): cette attitude de «prudence» s’explique traditionnellement par le fait que donner de la place à l’histoire d’un le suicide peut suggérer des sujets fragiles, induisant à répéter sa dynamique. Selon une étude du National Institute of Mental Health (2019), l’augmentation de 28,9% des suicides chez les jeunes hommes américains (2018) s’est produite après la première saison de “13 Reason Why”, la série télévisée Netflix, distribué en Italie sous le nom de “Treize”, concernant les raisons (13, en fait) pour lesquelles Hannah Baker s’est suicidée. De toute évidence, aucune relation de cause à effet ne peut être prouvée scientifiquement, mais une simple association ne peut être niée.

Cette considération est utile pour détecter comment, au-delà d’Internet, une caisse de résonance mondiale très puissante, chaque forme de communication publique de l’acte suicidaire – en particulier si elle est véhiculée sous une forme multimédia – a en soi un potentiel émulatif reconnu. Dans une étude parmi les plus pertinentes de la bibliographie, consacrée précisément à ce thème, visant à souligner les répercussions sur la communauté des jeunes, Becker et Schmidt ont soutenu, avec inquiétude, que “le suicide croît proportionnellement à la quantité, à la durée et à l’importance du exposition aux médias “, ajoutant une note très explicite sur les effets / risques pour la santé mentale:” dans une enquête psychiatrique, en particulier d’adolescents suicidaires et de jeunes adultes, la question des médias et de l’utilisation d’Internet devrait être essentielle “[4]. Nous restons pour l’instant la dimension émulative liée aux médias de masse, considérée comme un trait phénoménologiquement pertinent et bien étudiée par la communauté scientifique, à partir de 1974 lorsque Philips a inventé l’expression “effet Werther”. Dans la littérature, Werther est le protagoniste du travail de jeunesse de Goethe (Les douleurs du jeune Werther). Il est un héros romantique Vetenne qui vit l’agitation de l’être (dont Faust, le personnage qui inspire le dernier chef-d’œuvre de Goethe), issu d’une relation amoureuse frustrante. La planification lucide de la fin, les derniers souhaits écrits, les dettes payées, montrent clairement que le suicide de Werther n’est pas un en-tête, mais une stratégie de résolution de problèmes comme le montrent souvent les suicides – toujours selon Becker et Schmidt – des natifs numériques.

La pensée va aux nombreux cas de très jeunes intimidés ou raillés par des camarades / pairs avec des images offensantes ou privées non autorisées, circulant sur le net, qui se sont suicidés pour les souffrances dérivées du pilori social.[5] L’action suicidaire, lorsqu’elle est mise en œuvre, atteint le point culminant d’une série de messages, le partage des humeurs, la lecture des messages de son groupe de pairs: c’est un projet qui appartient non seulement à la «vraie» vie mais à titre complet également à celui “numérique”; en tout cas, des deux côtés de la «vraie vie» pour les très jeunes, pour qui la dimension en ligne n’est pas réduite à un instrument, si inextricablement connecté qu’on ne peut jamais penser séparément. Nous approchons du cœur de nos recherches, dans cette région du monde hyperconnecté, aujourd’hui habité par presque chacun d’entre nous au quotidien, dont la dynamique reste à clarifier. En particulier, il faut comprendre si et dans quelle mesure, l’échange entre réel et numérique, entre hors ligne et en ligne, facilite l’action au sens large et, en particulier si et comment ils réfléchissent à l’acte suicidaire, peut-être le plus difficile à interpréter parce que la personne met fin à cette inclinaison essentielle de son être qui consiste à être en relation.

Entre réel et virtuel: le web comme catalyseur moral

Les études sur Internet et les très jeunes, bien que multiples, tendent à se concentrer sur les conséquences d’une exposition numérique de plus en plus longue, en raison du rôle de l’espace de socialisation qui désigne le réseau. Si donc l’analyse de phénomènes tels que l’utilisation pathologique d’Internet (PIU – Pathological Internet Use; MIU – Maladaptive Internet Use) nous aide à comprendre l’origine de certaines formes de connexion Web “malades”, non incluses dans le manuel de diagnostic DSM V et liés au vaste domaine des addictions psychologiques, nous connaissons peu la dynamique résultant de la transition continue du “réel” au “virtuel”, si particulier à notre condition Onlife. La texture profonde des processus n’est pas du tout évidente, au contraire, elle est profondément opaque à la connaissance, mais saisir certains de ses traits devient une nécessité anthropologique pour clarifier les phénomènes de la vie qui ne peuvent être objectivés. Agir en fait partie. Nous pouvons décrire un certain acte suicidaire, dire comment il s’est probablement produit, mais les étapes décisionnelles de l’auteur nous échappent inévitablement. Dans le cas de suicides ou de tentatives de suicide par des jeunes, dans lesquels la «connexion» avec le réseau se produit, il est plutôt possible de mettre en évidence une partie de ces dynamiques, précisément celles qui sont générées en clivant, en étant ici et là , dans la transition du online au offline.

Il est faux de penser que cette dynamique est neutre, qu’elle ne compte pour rien. Le réseau, comme l’a souligné Floridi, doit être considéré comme une infrastructure éthique: comme une route, il peut accélérer ou ralentir un processus de décision, favorisant la tension en vue d’un certain acte; en bref, il joue un rôle de premier plan dans le théâtre. En empruntant un mot de pensée systémique, le réseau co-détermine l’acte de l’agent. Par conséquent, il y a deux questions principales que nous devons considérer concernant le suicide dans le contexte d’Onlife:

1) si la décision est un acte de l’individu ou d’un groupe;

2) si ce partage rend la transition de l’intention suicidaire à l’acte final plus facile / plus immédiate.

Décision d’un célibataire ou “collectif”?

En ce qui concerne le premier point, il convient de noter tout d’abord comment le web ouvre une question complexe pour la philosophie morale, car le réseau n’est pas seulement un espace virtuel (mais pas moins réel pour cela) où vous pouvez trouver toute suggestion motivant diversement à agir : des tutoriels pour faire un gâteau à ceux pour construire une bombe, aux filets suicides où la mort par suicide est exaltée, même à des fins subversives (djihadisme). Ceux qui fréquentent les réseaux sociaux ont l’impression d’être dans une communauté de «pairs», où l’âge et la profession ne comptent pas, mais le partage devient plutôt le facteur de la relation, aplanissant les différences et les identités. Même l’identité, comprise comme l’ensemble des traits caractérisant un individu (nom, image, données personnelles), n’a plus vraiment de sens dans le contexte fluide et factice du réseau. Pour les adolescents qui, comme nous l’avons vu précédemment, passent de nombreuses heures sur Internet, la fonction d’agrégation du Web intègre celle hors ligne, qui s’exprime dans le groupe de camarades de classe ou d’amis du quartier ou de l’oratoire. Les deux facteurs qui viennent d’être mentionnés: la forte suggestion en termes de contenu fourni par le réseau et l’extension des processus de prise de décision au groupe de followers Instagram, amis Facebook, groupes de discussion, blogs, pour ne citer que quelques “espaces communs” »Du web intervient certainement dans la formation de l’intention. Avec ce terme, en philosophie, nous entendons essentiellement la connaissance des étapes qui mènent à une action: quand je dis “ouvrir une fenêtre”, cette affirmation est une intention car je sais que je dois effectuer toute une série d’opérations pour arriver à la fin acte. La pensée systémique doit également avoir mis en évidence le rôle de l’analogie, autre processus invisible mais décisif pour guider une action, caractéristique du web, obtenu à travers des tutoriels vidéo ou tout autre contenu explicite / explicatif sur certaines performances, comme les terroristes. En d’autres termes, la méthode de connexion typique, la facilité de voir et de revoir un contenu, d’examiner ses détails s’il s’agit d’une image / vidéo, facilite une compréhension presque intuitive des moyens et des étapes pour atteindre l’objectif. En quoi résident les spécificités du Web? Tout comme dans l’esprit humain le processus de raisonnement est comparable à une sorte de “couper-coudre”, ainsi sur le net le mode “couper-coller”, une véritable puissance numérique, selon Floridi.

 L’analogie aide donc à la formation de l’intention, surtout là où il n’y a pas d’expérience préalable. Cela a été noté en ce qui concerne les tutoriels de l’État islamique (2014-2017), visant à faire en sorte que quiconque commette des agressions subversives au moyen de transports soit dirigé contre la foule. Il est donc immédiatement clair comment la communication, bien que très souvent déformée, imprécise, fausse et falsifiante d’Internet, peut favoriser le processus intentionnel. Cela vaut pour une attaque terroriste de la même manière que pour la tentative de suicide d’un adolescent. Pourquoi la formation de l’intention est-elle si pertinente dans la dynamique de l’acte humain? La raison réside dans le fait que le processus intentionnel forge à son tour le consentement, c’est-à-dire l’une des dernières phases mentales qui conduisent à l’action.

Dans l’histoire de la philosophie, Thomas d’Aquin est responsable de l’étude phénoménologique la plus scrupuleuse de l’acte humain. Il définit le consentement en termes d’opération qui conduit à l’intellect “et au quae sunt ad finem”, ces opérations ou instruments destinés à l’exécution finale. Thomas, l’interprète original d’Aristote, n’avait pas atteint la prise de conscience qui a conduit G.E.M.au milieu du siècle dernier Anscombe a théorisé l’intention (1957), mais il a parfaitement compris qu’agir nécessite une planification opérationnelle.

Accélération de l’acte suicidaire

La dimension sociale qui agit comme environnement pour ces processus de mémoire (analogie, intention, couper-coller mental) n’est pas neutre, à la fois parce que c’est – comme mentionné ci-dessus – une infrastructure éthique, et parce que le contexte (pairs, les espaces de dialogue sur le net) sont eux-mêmes des systèmes dynamiques, interagissant en permanence, selon le paradigme de la pensée systémique, l’approche critique qui rend le mieux compte des phénomènes complexes. Donc, si nous revenons à la première des deux questions posées ci-dessus, concernant le rôle d’Internet dans l’acte suicidaire – si la décision est un acte de l’individu ou d’un groupe – nous pouvons répondre que la décision est toujours individuelle; le groupe / réseau compris comme un macro conteneur 1) favorise le processus intentionnel, en faisant connaître les passages et les connexions / processus qui mènent à l’acte; 2) cela accélère certainement la concentration du sujet sur la dernière partie de l’action, c’est-à-dire sur la performance.

Nous pouvons maintenant traiter le deuxième problème de recherche, en nous interrogeant sur le rôle que joue la transition du virtuel au réel pour rendre le moment final de l’action plus rapide ou plus efficace, ou la mise en œuvre (fiat). On note tout d’abord une dynamique d’entonnoir: alors que sur le web le jeune natif numérique vit le maximum de relations interpersonnelles, dans le contexte offline il se retrouve à interagir avec un public plus restreint et souvent la composante de l’interaction, principalement dans la famille, est déficiente. Si sur les réseaux sociaux vous avez le sentiment de pouvoir partager, avec émotions et jugements, photos et vidéos, voire des décisions, dans la soi-disant vie réelle, ou hors ligne, le sujet ressent le poids individuel de sa décision. En cela, la fatigue de la croissance a été vécue, à une époque où le centre de gravité de l’identité est continuellement repositionné, également grâce à la relation avec les pairs (pairs, camarades de classe, groupe d’amis).

Le jeune homme qui mûrit l’intention suicidaire à travers l’interaction poussée avec le réseau, se retrouve alors face à la phase de performance dans une solitude substantielle, ayant consolidé un parcours idéal aussi robuste (motivations, plans, savoir-faire, intention) que fragile (les commentaires sont souvent faits par des étrangers, faits dans un but d’intimidation, sans réelle prise de conscience du risque qu’ils nourrissent) ce qui favorise le renforcement psychologique de la viabilité de l’acte et participe à façonner sa performance. Contrairement à la phase Web, la phase hors ligne ne rencontre pas une interaction tout aussi complexe sur son développement, ce qui peut rouvrir l’intention et geler l’acte. Cela accélère le passage de l’intention à l’exécution, pour répondre à la question posée au début de ce paragraphe. Revenons également au début de notre réflexion pour découvrir comment le trait de désorientation caractérisant le suicide se confirme à la lumière de ces deux derniers paragraphes: l’individu aux projets suicidaires passe de la circularité de l’intention à la linéarité de la décision, de l’interaction communicative de se replier sur lui-même, avec une pression motivationnelle bien supérieure à sa capacité à le métaboliser.

Conclusions

Lu dans cette perspective dynamique, dans la transition du online au offline, le parcours suicidaire – en particulier celui des adolescents, principaux utilisateurs des réseaux sociaux – n’est pas exactement le résultat d’une stratégie de résolution de problèmes (effet Werther) mais de la prévalence de la intention collective sur décision individuelle. La notion d’intention collective, introduite ici pour la première fois par les auteurs de l’article, met en évidence le partage du réseau dans la réalisation de l’intention: notamment la convergence de l’autodétermination de divers sujets (amis, pairs, étrangers) qui composent le peuple du web avec le désir de canaliser la décision de l’individu / cible. D’une certaine manière, le processus menant à l’acte, souligné et chargé par l’interaction sur le Web, pèse lourdement sur l’économie de l’action sur l’autodétermination. Pas en vertu d’une “suggestion” ou d’une “instigation” générique, mais parce qu’elle dépossède largement le sujet de la propriété de l’intention, conduisant à un consentement plus rapide et à un acte partiellement dépersonnalisé. Le sujet anthropologique, d’une énorme complexité, nécessite évidemment de multiples interrogations, de type interdisciplinaire: notre travail se veut un point de départ, également applicable à d’autres phénomènes communicatifs / relationnels configurés dans le domaine Onlife, dans cet environnement hybride réel / numérique dont nous faisons désormais tous partie, du moins là où Internet entre dans les fonctions quotidiennes de la vie.


[1] « De nombreux terroristes suicidés, peut-être la majorité, tombent dans le paradigme du suicide altruiste, du moins du point de vue de ceux qui soutiennent le terrorisme pour faire avancer la cause politique. Du point de vue des autres, cependant, les attentats-suicides ne sont rien de plus que des homicides. »

[2] Out of 130 juvenile suicides attested in Russia between November 2015 and April 2016, about 80 would be attributable to Blue Whale: the choice of jumping from very tall buildings would favor that hypothesis

[3] Selon les enquêtes, l’auteur indiqué en la personne de Philipp Budeikin avait initialement démarré son projet sur VKontakt (VK), un réseau social très similaire à Facebook.

[4] « (…) le suicide augmente proportionnellement suite à la quantité, à la durée et à l’importance de la couverture médiatique (…) Dans une exploration psychiatrique, en particulier des adolescents et jeunes adultes suicidaires, les questions sur l’utilisation des médias et d’Internet devraient être essentielles »

[5] On signale, parmi les nombreux cas dans l’actualité : « L’histoire d’Erika, une adolescente de 16 ans victime de brimades : « Ils ont dit de me tuer, de me sauver grâce à un livre », 23 mars 2017, www.fanpage.it ; “Suicide des brutes à l’école, journal d’Emilie publié par ses parents : ” Les autres voulaient m’enlever toute joie

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Perdersi nella rete. I processi che facilitano l’atto suicidario

Primavera Fisogni , Allegra Fisogni


Il suicidio è la seconda causa di morte tra gli adolescenti nel mondo. Molteplici le ragioni che sottendono a una decisione tanto estrema, spesso in correlazione con uno stato psicologico di speciale fragilità. Con sempre maggiore enfasi, da parte dei mass media e della stessa comunità scientifica, il fenomeno viene posto in relazione con un fattore ambientale dai riflessi profondi sul mondo giovanile, vale a dire con il ruolo giocato da Internet e dai social network quali “camera di risonanza” (echo chamber) della decisione di suicidarsi. In questo articolo le autrici, filosofa e psicologa, portano l’attenzione al ruolo che l’ambiente Onlife riveste quale “facilitatore” di comportamenti, valutando se e come interviene riguardo all’annientamento di sé. Se il web, ancor più di altri media, suggestiona in termini emulativi, all’interazione tra virtuale/reale compete l’accelerazione del fiat, ovvero del movimento finale che traduce il contenuto ideale (suggestioni dei suicide net o dei social media o bullismo) in performance.

Tali considerazioni portano a dare nuova risonanza al concetto di istigazione e confermano il ruolo del dis-orientamento come tratto essenziale del suicidio, confermando sul piano sistemico (interazione tra ambiente offline e online, nel macrosistema Onlife) quanto rilevato sul piano fenomenologico. Viene inoltre focalizzata la dinamica di processi cognitivi/deliberativi normalmente opachi alla conoscenza, in quanto di appannaggio del singolo individuo (formarsi dell’intenzione attraverso la dinamica dell’analogia e dell’interrelazione; suo riflettersi sul consenso)  punto di partenza per una più problematica comprensione di un fenomeno tanto rilevante nella condizione giovanile contemporanea.

Suicidio come dis-orientamento esistenziale

È impossibile ricondurre l’opzione suicidaria a una motivazione prevalente. Tuttavia è doveroso tracciarne una fenomenologia essenziale, per poterla misurare alla luce dell’ambiente Onlife, obiettivo di questa ricerca. Il termine Onlife[1], coniato di recente (2015) dal filosofo italiano e professore a Oxford Luciano Floridi, si riferisce alla realtà allargata,  entro cui si dipana l’esistenza nel mondo iperconnesso, costantemente agita tra reale e virtuale, offline e online.

Se la vita umana, per le sue coordinate temporali e spaziali si può ricondurre a un percorso, il suicidio è interpretabile come la decisione di porre fine a quel processo. Quando ciò si verifica ad essere entrata in crisi è proprio una componente dell’orientarsi: la capacità di vedere un obiettivo valido e motivante a cui tendere, qui e ora. Per quanto varie siano le ragioni di un suicidio, a qualsiasi età, e in qualsiasi situazione psico-fisica, chi si toglie la vita trova la propria esistenza non più sensata, non orientata, né orientabile. Sul piano fenomenologico, dunque, ogni suicidio – anche quando appare una decisione lucida, dettata da una carica ideale – si dà a vedere nei termini di un dis-orientamento.

Il suicidio, non a caso, si accompagna spesso e per lo più, alla disperazione: uno stato emotivo che, prima di riferirsi alla mancata speranza, evoca la perdita, momentanea o durevole, di un itinerario lungo il quale incanalare se stessi, i propri progetti, le relazioni on gli altri. Nell’interpretazione del filosofo e psicoanalista James Hillman, il suicidio può addirittura essere configurato come l’estremo tentativo di uscire dalla disperazione[2], per imprimere un cambiamento[3]. Rientra in questa categoria la tesi del suicidio altruistico elaborata da Durkheim. Tra i modelli di riferimenti di Le suicide, étude de sociologie (1897), c’è il soldato che sa di doversi sacrificare, in guerra, per la causa della nazione, o la vedova indiana che, nella tradizione della propria casta, si immola sul rogo insieme con il marito. Sono questi, nella prospettiva di Durkheim, profili eroici in grado di riscattare «il valore negativo sotteso alla pulsione di morte che il suicidio comporta», assegnando ad esso «un significato elevato».[4] Pur agli antipodi di tale atteggiamento, il jihadista che si fa esplodere causando vittime innocenti, è mosso dalla volontà di destabilizzare, di dis-orientare[5] una vasta platea di osservatori[6]. Questo ordine di considerazioni sono di importanti per inquadrare perché l’età adolescenziale presenti una “familiarità” sia con il rischio suicidario, se pensiamo che questa è – nel mondo e in Italia – la seconda causa di morte tra i 15 e i 29 anni.

I giovani e il suicidio: una lettura esistenziale

Nel mondo, così come in Italia, il suicidio è la seconda causa di morte nella fascia d’età giovanile, tra i 15 e i 29 anni. Si calcola, a livello statistico, che per ogni persona che riesce nell’intento di togliersi la vita ve ne siano altri 20 che tentano il suicidio. Su scala globale va ricordato il tasso elevatissimo del fenomeno in Giappone, ampiamente studiato a livello scientifico, mentre all’Australia va riconosciuto l’impegno preventivo, che ha portato, nel 2016 all’iniziativa del governo intitolata “Raising the Bar for Youth Suicide Prevention[7]. L’azione, rivolta in generale a limitare il numero di quanti intendono togliersi la vita, si indirizza in modo speciale ai ragazzi, considerando che nell’anno 2015 si è raggiunto il picco dei decessi giovanili del decennio (nel mondo si sono uccise 800 mila persone): per lo più maschi e affetti da qualche forma di disagio psichico (depressioni, disordini affettivi o bipolari) oppure appartenenti al mondo LGBT. Fa riflettere che i suicidi collegati in qualche modo all’omosessualità o alle diverse scelte sessuali dei giovanissimi siano, in Australia, sei volte più elevati di quelli della comunità non LGBT. Ciò che si evince è, specialmente a proposito di questi casi, una evidente connessione tra il disagio psicologico e il riconoscimento personale/sociale della propria identità, e non soltanto di genere. Sempre nel 2015 ben 41 mila individui, sempre in altissima percentuale giovani, hanno tentato il suicidio. Ogni considerazione sulle dinamiche di questo tragico fenomeno non possono prescindere dal mondo digitale, se consideriamo anche soltanto pochi dati: nel 2019 il 90,2% dei ragazzi tra 15/25 anni navigava stabilmente in Internet, con una lieve prevalenza dei maschi (90,6%) sulle ragazze (89,8%). Come per ogni altro aspetto della vita adolescenziale, anche l’anelito suicidario va messo in relazione con il contesto. Gli studi finora condotti in materia hanno messo in evidenza due aspetti principalmente: 1) i suicide net, ovvero i siti o le chat in cui si parla di suicidio fino al punto di istigare gli utenti a commetterlo e 2) Internet come echo chamber per questa scelta estrema. Ne tratteremo brevemente prima di arrivare al cuore di questa ricerca teorica, relativa al web come “facilitatore” dell’agire, compreso l’atto suicidario.

Internet e il suicidio: patti, emulazione, chat rooms

Per suicide net si intende uno spazio della rete dove si commentano scelte suicidarie o si istiga, in modo più o meno esplicito, a questo atto estremo. Frequentati per lo più da adolescenti, questi domini presentano un alto rischio perché, da un lato, favoriscono l’emulazione in soggetti fragili – l’età stessa espone i giovani a una condizione di fisiologica fragilità emotiva – dall’altra presentano il suicidio in termini eroici, positivi, come la forma più alta di realizzazione esistenziale. La presenza di chat annesse o di spazi di socializzazione, connessi a questi network, ne enfatizza il ruolo di eco-chamber, o cassa di risonanza del messaggio veicolato. Si profila, quindi, un rischio reale di destabilizzazione, per quanti vi incappino.

Altro discorso, ancora più grave, riguarda i fenomeni di aperta istigazione al suicidio di giovanissimi, “vittime” scelte proprio in virtù della propria debolezza e/o marginalità, come si evince dal progetto della fantomatica Blue Whale – la Balena Blu –, fenomeno globale della rete, segnalato da un’inchiesta condotta in Russia nel 2016[8], ma diffuso nel web dal 2013. Secondo la stampa, una volta agganciati, i giovani-bersaglio (di un’età compresa tra i 9 e i 17 anni), erano sollecitati a mettere in pratica una serie di 49 regole: sveglia nella notte, visione di film horror, invito a recarsi su palazzi molto alti, da soli, o a sporgersi da cornicioni, fino a togliersi la vita (regola numero 50) gettandosi dal tetto di un edificio. Benché spesso si sia parlato di invenzione mediatica a proposito di Blue Whale, l’accertata correlazione tra suicidi di ragazzi e tracce di riferimenti a questo “gioco della morte” nei propri computer[9], fa supporre che vi sia stata non soltanto una circolazione intenzionale di quei contenuti, ma anche l’adesione di un vasto numero di giovanissimi, almeno sul piano della curiosità e della condivisione dei contenuti. Il sedicente inventore della Balena Blu, uno studente russo di Psicologia, è stato condannato e incarcerato[10]. Oggi il fenomeno è pressoché scomparso dall’interazione social dei più giovani, ma il potenziale aggregativo di “giochi di morte” sulla medesima falsariga resta sempre molto alto.

È difficile dire, sul piano scientifico, su basi statistiche e quantitative, quanto l’esposizione all’ambiente del web susciti emulazione o addirittura porti alla performance dell’atto suicidario. Va però ricordato che nei mass media pre-internet, principalmente nei giornali cartacei, il suicidio è stato sempre considerato una non-notizia. Tra le poche regole tramandate nella professione, c’è quella di dar conto di un suicidio soltanto quando riveste un carattere pubblico, quando è stato messo in atto in un luogo di passaggio, ad esempio, o ha avuto conseguenze su altri eventi, come nel “classico” caso della persona che si getta sui binari mentre passa un treno. Non si tratta soltanto dell’approccio a un fatto personale, di interesse non pubblico (quale dovrebbe essere spesso e per lo più una notizia): tale atteggiamento di “cautela” trova una spiegazione, tradizionalmente, nel fatto che dar spazio al racconto di un suicidio può suggestionare soggetti fragili, inducendo a ripeterne le dinamiche. Secondo una ricerca del National Institute of Mental Health (2019) l’aumento del 28,9% dei suicidi tra i giovani maschi Usa (2018) si è verificato dopo la prima stagione di “13 Reason Why”, la serie tv di Netflix, distribuita in Italia come “Tredici”, relativa alle ragioni (13, appunto) per cui Hannah Baker si è tolta la vita. Nessun rapporto di causa-effetto, ovviamente, si può scientificamente provare, ma una pur semplice associazione non si può negare[11].

Questa considerazione è utile per rilevare come, al di là di Internet, potentissima cassa di risonanza globale, ogni forma di comunicazione pubblica dell’atto suicidario – specialmente se veicolata in forma multimediale – abbia in sé un riconosciuto potenziale emulativo. In uno studio tra i più rilevanti in bibliografia, dedicato proprio a questo tema, rivolto a tratteggiare le ricadute sulla comunità giovanile, Becker e Schmidt hanno sostenuto, con preoccupazione, che «il suicidio cresce proporzionalmente alla quantità, alla durata e alla prominenza dell’esposizione ai media», aggiungendo una nota assai esplicita circa i riflessi/i rischi sulla salute mentale: «in un’indagine psichiatrica, specialmente di adolescenti e giovani adulti suicidari, la questione dei media e dell’uso di Internet dovrebbe essere essenziale».[12] Restiamo per ora alla dimensione emulativa connessa ai mass media, considerata come tratto fenomenologicamente rilevante e ben studiato dalla comunità scientifica, a partire dal 1974 quando Philips coniò l’espressione “Werther effect”. In letteratura Werther è il protagonista dell’opera giovanile di Goethe (I dolori del giovane Werther). È un eroe romantico vetenne che vive l’irrequietezza dell’essere (di cui sarà pienamente simbolo Faust, il personaggio che ispira l’ultimo capolavoro di Goethe), derivante da un frustrante rapporto amoroso[13]. La pianificazione lucida della fine, le ultime volontà scritte, i debiti saldati, fanno capire che il suicidio di Werther non è un colpo di testa, bensì una problem-solving strategy come spesso si danno a vedere – sempre secondo Becker e Schmidt – i suicidi dei nativi digitali.

Il pensiero corre ai numerosi casi di giovanissimi bullizzati o fatti oggetto di derisione da compagni/coetanei con immagini offensive o private non autorizzate, circolanti in rete, suicidatisi per la sofferenza derivata dalla gogna social[14]. L’azione suicidaria, quando è messa in atto, giunge al culmine di una serie di messaggi, condivisione di stati d’animo, lettura di messaggi del proprio gruppo di pari: è un progetto che non appartiene soltanto alla vita “reale” ma a pieno titolo anche a quella “digitale”; ad ogni modo, entrambe facce della “vita vera” per i giovanissimi, per i quali la dimensione online non si riduce a strumento, così inestricabilmente connessa da non potersi mai pensare separatamente. Stiamo avvicinandoci al cuore della nostra ricerca, a quella regione del mondo iperconnesso, ormai abitato ogni giorno dalla quasi totalità di noi, le cui dinamiche restano ancora da chiarire. In particolare, va capito se e in che misura, l’interscambio tra reale e digitale, tra offline e online, facilitino l’agire in senso lato e, in modo specifico se e come si riflettano sull’atto suicidario, forse il più difficile da interpretare perché la persona mette fine a quell’inclinazione essenziale del suo essere che consiste nello stare in relazione.

Tra reale e virtuale: il web come moral enabler

Gli studi su Internet e i giovanissimi, pur molteplici, tendono a focalizzarsi sulle conseguenze di un’esposizione digitale sempre più protratta, a causa del ruolo di spazio di socializzazione che denota la rete. Se dunque l’analisi di fenomeni come l’uso patologico di Internet (PIU – Pathological Internet Use; MIU – Maladaptive Internet Use)[15] ci aiutano a comprendere l’origine di talune forme “malate” di connessione al web, non incluse nel manuale diagnostico DSM V e rapportabili al vasto dominio delle dipendenze psicologiche, poco sappiamo delle dinamiche conseguenti al continuo passaggio dal “reale” al “virtuale”, così peculiari della nostra condizione Onlife[16]. La tessitura profonda dei processi non è affatto evidente, anzi è profondamente opaca alla conoscenza, ma afferrarne qualche tratto diventa una necessità sul piano antropologico per chiarire fenomeni della vita non oggettivabili. L’agire è uno di questi. Possiamo descrivere un certo atto suicidario, raccontare come verosimilmente si è verificato, ma i passaggi decisionali dell’autore inevitabilmente ci sfuggono. Nel caso dei suicidi o dei tentati suicidi dei giovani, in cui si verifichi la “connessione” con la rete, è invece possibile mettere in luce una parte di quelle dinamiche, precisamente quelle che si generano nel cleaving, nello stare di qua e di là, nel passaggio da online a offline.

È sbagliato pensare che tale dinamica sia neutrale, che non conti nulla. La rete, come ha messo in risalto Floridi, va considerata come una infrastruttura etica (ethical infrastructure): al pari di una strada può rendere più veloce o più lento un processo decisionale, favorire la tensione al fine di un certo atto; insomma, entra da protagonista nell’agire. Prendendo a prestito un vocabolo del pensiero sistemico, la rete co-determina l’atto del soggetto agente. Dunque, sono due principalmente due i temi che dobbiamo prendere in esame riguardo all’agire suicidario nel contesto Onlife:

1) se la decisione sia un atto del singolo o di un gruppo;

2) se questa condivisione renda più facile/immediato il passaggio dall’intento suicidario all’atto finale.

Decisione di un singolo o “collettiva”?

Riguardo al primo punto, va notato anzitutto come il web apra una questione complessa per la filosofia morale, dal momento che la rete non è soltanto uno spazio virtuale (ma non per questo meno reale) dove si può trovare qualsiasi suggestione variamente motivante l’agire: dai tutorial per fare una torta a quelli per costruire una bomba, ai suicide net dove si esalta la morte per suicidio, anche a fini eversivi (jihadismo). Chi frequenta i social network ha la percezione di trovarsi in una comunità di “pari”, dove non conta né l’età, né la professione, bensì è la condivisione ad assurgere a fattore di relazione, appianando differenze e identità. Nemmeno l’identità intesa come l’insieme di tratti caratterizzanti un individuo (nome, immagine, dati anagrafici) ha davvero più senso nel contesto fluido e fake della rete. Per gli adolescenti che, abbiamo visto in precedenza, trascorrono molte ore in Internet, la funzione aggregativa del web integra quella offline, che si esprime nel gruppo dei compagni di scuola o degli amici del quartiere o dell’oratorio. I due fattori appena enunciati: la forte suggestione in termini di contenuti fornita dalla rete e l’allargamento dei processi decisionali al gruppo dei follower di Instagram, degli amici di Facebook, dei gruppi di discussione, dei blog, solo per citare alcuni spazi “comuni” del web intervengono senz’altro nel plasmare l’intenzione. Con questo termine, in filosofia, si intende essenzialmente la conoscenza dei passaggi che portano ad un’azione: quando dico “apro una finestra”, quell’enunciato è un’intenzione perché so di dover svolgere tutta una serie di operazioni per arrivare al termine dell’atto. Al pensiero sistemico si deve poi l’aver portato alla luce il ruolo dell’analogia, un altro processo invisibile ma decisivo per orientare un’azione, caratteristico del web, ottenuto mediante i video tutorial o qualsiasi altro contenuto esplicito/esplicativo su determinate performance, quale ad esempio quelle terroristiche. In altri termini, la modalità tipica della connessione, la facilità di vedere e rivedere un contenuto, di esaminarne i dettagli se si tratta di immagini/video favorisce in maniera pressoché intuitiva la comprensione dei mezzi e dei passaggi per arrivare all’obiettivo. In che cosa risiede lo specifico del web? Come nella mente umana il processo del ragionamento è paragonabile a una sorta di “taglia e cuci”, così in rete vale la modalità “taglia e copia” (cut and paste), autentico potere del digitale, secondo Floridi.

 L’analogia aiuta quindi il formarsi dell’intenzione, specialmente laddove non c’è previa esperienza. Lo si è notato a proposito dei tutorial dello Stato Islamico (2014-2017), finalizzati a far compiere a chiunque assalti eversivi mediante mezzi di trasporto da rivolgere contro la folla. È perciò immediatamente chiaro come la comunicazione, pur spessissimo distorta, imprecisa, falsa e falsificante di Internet, possa favorire il processo intenzionale. Questo vale per un attentato terroristico[17] allo stesso modo che per il tentato suicidio di un adolescente. Perché plasmare l’intenzione è tanto rilevante nella dinamica dell’atto umano? La ragione risiede nel fatto che il processo intenzionale forgia, a sua volta, il consenso, vale a dire una delle ultime fasi mentali che portano all’azione.

Nella storia della filosofia, si deve a Tommaso d’Aquino lo studio fenomenologico più scrupoloso dell’atto umano. Egli definisce il consenso nei termini di un’operazione che porta all’intelletto “ea quae sunt ad finem”, quelle operazioni o quegli strumenti rivolti alla performance finale. Tommaso, originale interprete di Aristotele, non aveva raggiunto la consapevolezza che ha portato, alla metà del secolo scorso G.E.M. Anscombe a teorizzare l’intenzione (1957)[18], tuttavia aveva compreso perfettamente che per agire occorre una pianificazione operativa.

Accelerazione dell’atto suicidario

La dimensione social che fa da ambiente di quei processi mnestici (analogia, intenzione, cut and paste mentale) non è neutrale, sia perché si tratta – lo si è accennato sopra – di un’infrastruttura etica[19], sia perché il contesto (i pari, gli spazi di dialogo in rete) sono essi stessi sistemi dinamici, continuamente interagenti, secondo il paradigma del pensiero sistemico, l’approccio critico che meglio dà conto dei fenomeni complessi. Allora, se torniamo alla prima delle due questioni poste in precedenza, riguardo al ruolo di Internet nell’atto suicidario – se la decisione sia un atto del singolo o di un gruppo –, possiamo rispondere che la decisione è sempre individuale; il gruppo/la rete intesa come macro contenitore 1) favorisce il processo intenzionale, facendo conoscere passaggi e connessioni/processi che portano all’atto; 2) ciò senz’altro accelera il focus del soggetto sulla parte finale dell’azione, cioè sulla performance.

Possiamo trattare ora il secondo problema della ricerca, interrogandoci sul ruolo che il passaggio dal virtuale al reale rivesta nel rendere più veloce o effettivo il momento finale dell’agire, ovvero l’attuazione (fiat). Notiamo anzitutto una dinamica ad imbuto: mentre nel web il giovane nativo digitale vive il massimo delle relazioni interpersonali, nel contesto offline si trova a interagire con una platea di minor portata e spesso ad essere deficitaria è proprio la componente della interazione, principalmente in famiglia. Se nei social si ha la sensazione di poter condividere, con le emozioni e i giudizi, le foto e i video, anche le decisioni, nella cosiddetta vita vera, o offline, il soggetto sperimenta il peso individuale della propria decisione. In questo è vissuta la fatica della crescita, in un’età in cui il baricentro identitario viene continuamente riposizionato, anche grazie al rapporto con i pari (coetanei, compagni di scuola, gruppo amicale di aggregazione).

Il giovane che matura l’intento suicidario attraverso l’interazione spinta con la rete, si trova poi ad affrontare la fase della performance in una sostanziale solitudine,  avendo consolidato un percorso ideale tanto robusto (motivazioni, pianificazioni, know how, intenzione) quanto fragile (i commenti sono spesso di sconosciuti, fatti con intento bullizzante, senza la reale consapevolezza del rischio che alimentano) che favorisce il rinforzo psicologico circa l’attuabilità dell’atto e partecipa a plasmare la performance del medesimo. A differenza della fase web, quella offline non incontra sul suo svolgersi un’interazione altrettanto complessa, che possa riaprire l’intenzione e congelare l’atto. Ciò rende più veloce il passaggio dall’intenzione all’esecuzione, per dare una risposta alla questione posta all’inizio di questo paragrafo. Torniamo all’inizio della nostra riflessione anche per rilevare come il tratto del dis-orientamento caratterizzante il suicidio trovi conferma alla luce di questi ultimi due paragrafi: l’individuo con progetti suicidari passa dalla circolarità dell’intenzione alla linearità decisionale, dall’interazione comunicativa al ripiegarsi su se stesso, con una pressione motivazionale di gran lunga superiore rispetto alla propria capacità di metabolizzarla.

Conclusioni

Letto in questa prospettiva dinamica, nel passaggio da online a offline, il percorso suicidario – in particolare quello degli adolescenti, principali utenti dei social network – non è propriamente l’esito di una problem-solving strategy (Werther effect) bensì della prevalenza dell’intenzione collettiva sulla decisione individuale. La nozione di intenzione collettiva, qui introdotta per la prima volta dalle autrici dell’articolo, evidenzia la compartecipazione della rete nel farsi dell’intenzione: in particolare il convergere dell’autodeterminazione di vari soggetti (amici, pari, estranei) che compongono il popolo del web con la volontà di incanalare la decisione del singolo/target. In qualche modo il processo che conduce all’atto, enfatizzato e caricato dall’interazione web, pesa nell’economia dell’azione in modo rilevante sull’auto-determinazione. Non in virtù di una generica “suggestione” o “istigazione”, ma perché spossessa in buona parte il soggetto della proprietà dell’intenzione, portando a un consenso più veloce e ad un atto in parte de-personalizzato. Il tema antropologico, di enorme complessità, richiede ovviamente molteplici esami, di tipo interdisciplinare: il nostro lavoro vuole essere un punto di partenza, applicabile anche ad altri fenomeni comunicativi/relazionali che si configurano nel dominio dell’Onlife, in quell’ambiente ibrido reale/digitale del quale tutti siamo ormai parte, almeno laddove Internet entri nelle funzioni quotidiane della vita.


[1] L. Floridi, ed., The Onlife Manifesto. The Onlife Manifesto. Being Human in a Hyperconnected Era, Heidelberg, New York, NY, Dordrecht, London, Springer Open, 2015; Floridi, L. (2014). The Fourth Revolution – How the Infosphere is reshaping Human Reality, Oxford, Oxford University Press.

[2] J. Hillman, Il suicidio e l’anima, Milano, Adelphi, 2010, pag. 100-101.

[3] Ibidem, op. cit., pag. 108.

[4] E. Pace, “Il potere della perdita. Autonomia e riconoscimento del martirio”, in Martirio. Il sacrificio di sé nelle tradizioni religiose (a cura di M. Borsari e D. Francesconi), Modena, Fondazione Collegio di San Carlo di Modena, 2005, pag. 18.

[5] «Molti terroristi suicidi, forse la maggioranza, ricadono nel paradigma del suicidio altruistico, almeno dal punto di vista di coloro che sostengono il terrorismo per promuovere la causa politica. Dal punto di vista degli altri, invece, gli attacchi suicidi non sono altro che omicidi», in Morire per vincere, la logica strategica del terrorismo suicida, Il Ponte Editrice, Firenze, pag. 40

[6] Si veda E. Pace, “Il potere della perdita. Autonomia e riconoscimento del martirio”, in Martirio. Il sacrificio di sé nelle tradizioni religiose (a cura di M. Borsari e D. Francesconi), Modena, Fondazione Collegio di San Carlo di Modena, 2005, pag. 17-41.

[7] In https://www.orygen.org.au

[8] La prima inchiesta risale al maggio 2016, pubblicata su Novaja Gazeta.

[9] Su 130 suicidi giovanili attestati in Russia tra novembre 2015 e aprile 2016, cira 80 sarebbero riferibili a Blue Whale: la scelta di buttarsi da palazzi molto alti farebbe propendere per quell’ipotesi.

[10] L’autore indicato nella persona di Philipp Budeikin, secondo le indagini, aveva dato vita al suo progetto inizialmente su VKontakt (VK), un social network molto simile a Facebook.

[11] “13 Reasons Why” Associated with Increase in Youth Suicide Rates, April 20, 2019, www.nimh.nih.gov

[12] K. Becker, M. H. Schmidt, “Internet chatrooms and suicide”, J. Am. Acad. Child Adolesc. Psychiatry, 43:3, March 2004, pag. 246. «(…) suicide increases proportionally to the amount, duration, and prominence of media coverage (…) In a psychiatric exploration, especially of suicidal adolescents and young adults, questions on media and Internet use should be essential»

[13] J. W. Goethe, I dolori del giovane Werther, Roma, Newton Compton, 2002, pag. 143-144.

[14] Segnaliamo, tra i molti casi di cronaca: “La storia di Erika, 16enne vittima di bulli: “Mi dicevano ucciditi, salva grazie a un libro”, 23 marzo 2017, www.fanpage.it; “Suicida per i bulli a scuola, il diario di Emilie pubblicato dai genitori: “Gli altri volevano togliermi ogni gioia”, 30 settembre 2016, https://m.huffingtonpost.it

[15]OECD, Children & Young People’s Mental Health in the Digital Age, Paris,  OECD Publishing, 2018; UNICEF, How Does the Time Children Spend Using Digital Techology Impact Their Mental Well-Being, Social Relationships and Physical Activity? An Evidence-Focused Literature Review. Available at: https://www.unicef-irc.org/publications/pdf/Children-digital-technology-wellbeing.pdf

[16] P. Fisogni, “Void in Onlife Age, Aspects of De-Realization and Disconnection”, in ARC Journal of Psychiatry, vol. 4, Issue 3, 2019, pag. 27-35.

[17] P. Fisogni, “The New Front Line (Enhanced): Updating the Concept of Enemy in the Onlife Age”. In M. Sarfaz (Ed.) Developments in Information Security and Cybernetic Wars, 2019, pag. 178-195. P. Fisogni, “Cyber Terrorism and Self Radicalization: Emergent Phenomena of Onlife Age. An Essay Through the General System Theory”, in International Journal of Cyber Warfare and Terrorism, July-September, 9 (3), 2019, pag. 21-35.

[18] G.E.M. Anscombe, Intention, London, Blackwell, 1957.

[19] L. Floridi, “Infraethics-on the Condition of Possibility of Morality”, in  Philos. Technol. 30, 2017, pag. 391-394.

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Get lost in the network. The process that facilitates the suicidal act

Primavera Fisogni Allegra Fisogni


Suicide is the second leading cause of death among teenagers around the world. There are many reasons behind such an extreme decision, often related to a particularly fragile psychological state. Increasingly highlighted by the media and by the scientific community itself, the phenomenon is connected to an environmental factor with a profound reflection on the world of young people, that is to say with the role played via the Internet and social networks such as “resonance” (echo chamber ) of the decision to commit suicide. In this article, the authors, philosopher and psychologist, pay attention to the role that the Onlife environment plays as a “facilitator” of behavior, evaluating whether and how it intervenes in relation to self-annihilation. If the web, even more than other media, suggests it in emulative terms, the interaction between virtual / real is due to the acceleration of the fiat, or to the final movement that translates the ideal content (suicide suggestions or net networks or harassment) in performance. These considerations lead to give a new resonance to the concept of instigation and confirm the role of disorientation as an essential trait of suicide, confirming itself at a systemic level (interaction between the offline and online environment, in the Onlife macrosystem) which has been detected at a phenomenological level. The dynamics of cognitive / deliberative processes normally opaque to knowledge are also focused, because it is a prerogative of the individual (who forms the intention through the dynamics of analogy and interrelation; his reflection on consent) starting point for a more problematic understanding of the understanding of such a relevant phenomenon in the situation of contemporary youth.

Suicide as an existential disorientation

It is impossible to trace the suicidal option towards a dominant motivation. However, it is necessary to trace an essential phenomenology, in order to be able to measure it in the light of the Onlife environment, the goal of this research. The term Onlife, recently coined (2015) by the Italian philosopher and professor in Oxford Luciano Floridi, refers to the enlarged reality, in which existence takes place in the hyper-connected world, constantly acting between real and virtual, offline and online.

If human life, due to its temporal and spatial coordinates, can be brought back on a path, suicide can be interpreted as the decision to end this process. When this happens in a crisis, it is a component of orientation: the ability to see a valid and motivating goal to aim for, here and now. Whatever the variety of reasons for suicide, at any age and in any psychophysical situation, those who commit suicide find their existence no longer sensible, neither oriented nor orientable. On a phenomenological level, therefore, all suicide – even if it appears a lucid decision, dictated by an ideal charge – manifests itself in terms of disorientation.

Suicide, not surprisingly, is often and mostly accompanied by despair: an emotional state that, before referring to lack of hope, evokes the loss, momentary or lasting, of an itinerary along which to channel oneself, one’s own projects, relationships with others. In the interpretation of the philosopher and psychoanalyst James Hillman, suicide can even be configured as the extreme attempt to get out of despair, to bring about change. Durkheim’s thesis on altruistic suicide falls into this category. Among the models of references of Le suicide, étude de sociologie (1897), there is the soldier who knows he must sacrifice himself, in war, for the cause of the nation, or the Indian widow who, in the tradition of his own caste, immolates himself at the stake together with her husband. These are, in Durkheim’s perspective, heroic profiles capable of redeeming “the negative value underlying the death drive that suicide entails”, assigning “high meaning” to it. Despite the antipodes of this attitude, the jihadist who detonates himself causing innocent victims, is moved by the desire to destabilize, to dis-orientate[1] a vast audience of observers. This order of considerations are important for framing why adolescence presents a “familiarity” with both suicidal risk, if we think that this is – in the world and in Italy – the second leading cause of death between 15 and 29 years of age.

           Young people and suicide: an existential reading

In the world, as in Italy, suicide is the second leading cause of death in the youth age group, between 15 and 29 years old. It is calculated, statistically, that for each person who manages to commit suicide there are 20 others who attempt suicide. On a global scale, the very high rate of the phenomenon in Japan, widely studied at a scientific level, should be remembered, while Australia must be recognized for its preventive commitment, which led, in 2016, to the government initiative entitled “Raising the Bar for Youth Suicide Prevention “. The action, aimed in general at limiting the number of those who intend to commit suicide, is aimed specifically at children, considering that in the year 2015 the peak of the youth deaths of the decade was reached (800,000 killed in the world people): mostly males and suffering from some form of mental distress (depressions, affective or bipolar disorders) or belonging to the LGBTQ world. It suggests that suicides linked in some way to homosexuality or the different sexual choices of the very young are, in Australia, six times higher than those of the non-LGBTQ community. What is evident is, especially with regard to these cases, an evident connection between psychological distress and personal / social recognition of one’s own identity, and not only of gender. Also in 2015, 41 thousand individuals, always in a very high percentage of young people, attempted suicide. Any consideration on the dynamics of this tragic phenomenon cannot be separated from the digital world, if we consider even just a few data: in 2019 90.2% of boys between 15/25 years surfed permanently on the Internet, with a slight prevalence of males (90, 6%) on girls (89.8%). As with any other aspect of adolescent life, the suicidal yearning must also be related to the context. The studies conducted so far on the subject have highlighted two aspects mainly: 1) the suicide net, or the sites or chats where there is talk of suicide to the point of instigating users to commit it and 2) the Internet as an echo chamber for this extreme choice. We will briefly discuss them before we get to the heart of this theoretical research, relating to the web as a “facilitator” of acting, including the suicidal act.

Internet and suicide: agreements, emulation, chat rooms

By suicide net we mean a space on the net where suicidal choices are commented on or instigated, in a more or less explicit way, to this extreme act. Frequented mostly by teenagers, these domains present a high risk because, on the one hand, they favor emulation in fragile subjects – age itself exposes young people to a condition of physiological emotional fragility – on the other hand they present suicide in terms heroic, positive, as the highest form of existential realization. The presence of attached chats or socialization spaces, connected to these networks, emphasizes their role as eco-chamber, or sounding board of the conveyed message. There is therefore a real risk of destabilization for those who run into it.

Another, even more serious, issue concerns the phenomena of open instigation to suicide of very young people, “victims” chosen precisely by virtue of their own weakness and / or marginality, as can be seen from the project of the phantom Blue Whale – the Blue Whale – global phenomenon of the network, reported by an investigation conducted in Russia in 2016, but disseminated on the web since 2013. According to the press, once they were hooked, the target young people (aged between 9 and 17 years), were urged to put into practice a series of 49 rules: wake up in the night, watch horror films, invite to go to very high buildings, alone, or to lean over ledges, up to commit suicide (rule number 50) by throwing yourself from the roof of a building . Although there has often been talk of a media invention regarding Blue Whale, the ascertained correlation between suicides of boys and traces of references to this “game of death” on their computers[2], suggests that there was not only an intentional circulation of those contents, but also the adhesion of a large number of young people, at least on the level of curiosity and sharing of contents. The self-styled inventor of the Blue Whale, a Russian student of Psychology, has been convicted and imprisoned[3]. Today the phenomenon has almost disappeared from the social interaction of the youngest, but the aggregative potential of “death games” along the same lines remains very high.

It is difficult to say, scientifically, on a statistical and quantitative basis, how much exposure to the web environment provokes emulation or even leads to the performance of the suicidal act. However, it should be remembered that in the pre-Internet mass media, mainly in print newspapers, suicide has always been considered a non-news story. Among the few rules handed down in the profession, there is that of reporting suicide only when it has a public character, when it was carried out in a place of passage, for example, or had consequences on other events, such as in “Classic” case of the person who throws himself on the tracks while a train passes. It is not only about the approach to a personal fact, of non-public interest (which should be often and mostly news): this attitude of “caution” traditionally finds an explanation in the fact that giving space to the story of a suicide can suggest fragile subjects, inducing to repeat its dynamics. According to research by the National Institute of Mental Health (2019), the 28.9% increase in suicides among young US males (2018) occurred after the first season of “13 Reason Why”, the Netflix TV series, distributed in Italy as “Thirteen”, relating to the reasons (13, in fact) for which Hannah Baker committed suicide. Obviously, no cause-and-effect relationship can be scientifically proven, but a simple association cannot be denied.

This consideration is useful to detect how, beyond the Internet, a very powerful global sounding board, every form of public communication of the suicidal act – especially if conveyed in a multimedia form – has in itself a recognized emulative potential. In a study among the most relevant in the bibliography, dedicated precisely to this theme, aimed at outlining the repercussions on the youth community, Becker and Schmidt have argued, with concern, that “suicide grows proportionally to the quantity, duration and prominence of the exposure to the media “, adding a very explicit note about mental health effects / risks:” in a psychiatric investigation, especially of suicidal teenagers and young adults, the issue of media and Internet use should be essential “[4]. We remain for now the emulative dimension connected to the mass media, considered as a phenomenologically relevant trait and well studied by the scientific community, starting from 1974 when Philips coined the expression “Werther effect”. In literature Werther is the protagonist of Goethe’s youthful work (The sorrows of young Werther). He is a Vetenne romantic hero who lives the restlessness of being (of which Faust, the character who inspires Goethe’s latest masterpiece), deriving from a frustrating love relationship. The lucid planning of the end, the latest written wishes, the debts paid, make it clear that Werther’s suicide is not a header, but a problem-solving strategy as suicides often show – again according to Becker and Schmidt – of digital natives.

The thought goes to the numerous cases of very young people bullied or made derided by comrades / peers with unauthorized offensive or private images, circulating on the net, who committed suicide for the suffering derived from the social pillory[5]. When committed, suicidal action reaches the culmination of a series of messages, sharing of moods, reading messages from one’s peer group: it is a project that belongs not only to “real” life but to full title also to the “digital” one; in any case, both sides of the “real life” for the very young, for whom the online dimension is not reduced to an instrument, so inextricably connected that one can never think separately. We are approaching the heart of our research, that region of the hyperconnected world, now inhabited by almost all of us every day, whose dynamics remain to be clarified. In particular, it must be understood if and to what extent, the exchange between real and digital, between offline and online, facilitate acting in a broad sense and, specifically if and how they reflect on the suicidal act, perhaps the most difficult to be interpreted because the person puts an end to that essential inclination of his being which consists in being in relationship.

Between real and virtual: the web as a moral enabler

Studies on the Internet and the very young, albeit multiple, tend to focus on the consequences of an increasingly protracted digital exposure, due to the role of socialization space that denotes the network. So if the analysis of phenomena such as pathological Internet use (PIU – Pathological Internet Use; MIU – Maladaptive Internet Use) help us to understand the origin of certain “sick” forms of web connection, not included in the diagnostic manual DSM V and related to the vast domain of psychological addictions, we know little of the dynamics resulting from the continuous transition from “real” to “virtual”, so peculiar to our Onlife condition. The profound texture of the processes is not at all evident, indeed it is profoundly opaque to knowledge, but grasping some of its traits becomes an anthropological necessity to clarify phenomena of life that cannot be objectified. Acting is one of these. We can describe a certain suicidal act, tell how it probably occurred, but the author’s decisional steps inevitably escape us. In the case of suicides or attempted suicides of young people, in which the “connection” with the network occurs, it is instead possible to highlight a part of those dynamics, precisely those that are generated in cleaving, in being here and there , in the transition from online to offline.

It is wrong to think that this dynamic is neutral, that it counts for nothing. The network, as Floridi has highlighted, must be considered as an ethical infrastructure: like a road it can make a decision-making process faster or slower, favor tension in order to perform a certain act; in short, he takes a leading role in acting. By borrowing a word of systemic thought, the network co-determines the act of the agent. Therefore, there are two main issues that we need to consider regarding suicide in the Onlife context:

1) whether the decision is an act of the individual or of a group;

2) if this sharing makes the transition from suicidal intent to the final act easier / more immediate.

Decision of a single or “collective”?

With regard to the first point, it should be noted first of all how the web opens a complex question for moral philosophy, since the network is not only a virtual space (but no less real for this) where you can find any suggestion variously motivating to act : from tutorials to make a cake to those to build a bomb, to suicide nets where death by suicide is exalted, even for subversive purposes (jihadism). Those who attend social networks have the perception of being in a community of “peers”, where age and profession do not count, but rather sharing becomes a factor of relationship, smoothing out differences and identities. Not even identity understood as the set of traits characterizing an individual (name, image, personal data) really makes more sense in the fluid and fake context of the network. For teenagers who, as we have seen previously, spend many hours on the Internet, the aggregative function of the web integrates the offline one, which is expressed in the group of schoolmates or friends in the neighborhood or oratory. The two factors just mentioned: the strong suggestion in terms of content provided by the network and the expansion of decision-making processes to the group of Instagram followers, Facebook friends, discussion groups, blogs, just to mention some “common spaces” ”Of the web certainly intervene in shaping the intention. With this term, in philosophy, we essentially mean the knowledge of the steps that lead to an action: when I say “open a window”, that statement is an intention because I know I have to carry out a whole series of operations to get to the end act. Systemic thinking must also have brought to light the role of analogy, another invisible but decisive process to guide an action, characteristic of the web, obtained through video tutorials or any other explicit / explanatory content on certain performances, such as terrorist ones. In other words, the typical connection method, the ease of seeing and reviewing a content, of examining its details if it is an image / video, facilitates an almost intuitive understanding of the means and steps to reach the goal. What does the specifics of the web reside in? Just as in the human mind the process of reasoning is comparable to a sort of “cut and sew”, so on the web the “cut and paste” mode, an authentic digital power, according to Floridi.

 The analogy therefore helps the formation of the intention, especially where there is no prior experience. This was noted with regard to the Islamic State tutorials (2014-2017), aimed at making anyone carry out subversive assaults by means of transport to be directed against the crowd. It is therefore immediately clear how communication, although very often distorted, imprecise, false and falsifying of the Internet, can favor the intentional process. This applies to a terrorist attack in the same way as to the attempted suicide of a teenager. Why is shaping the intention so relevant in the dynamics of the human act? The reason lies in the fact that the intentional process in turn forges consent, that is, one of the last mental phases that lead to action.

In the history of philosophy, Thomas d’Aquin is responsible for the most scrupulous phenomenological study of the human act. He defines consent in terms of an operation that leads to the intellect “and to quae sunt ad finem”, those operations or instruments aimed at final performance. Thomas, the original interpreter of Aristotle, had not reached the awareness that led G.E.M. to the middle of the last century Anscombe theorized the intention (1957), however he perfectly understood that to act requires operational planning.

Acceleration of the suicidal act

The social dimension that acts as the environment for those memory processes (analogy, intention, cut and paste mental) is not neutral, both because it is – as mentioned above – an ethical infrastructure, and because the context (peers, the spaces of dialogue on the net) are themselves dynamic systems, continuously interacting, according to the paradigm of systemic thought, the critical approach that best gives account of complex phenomena. So, if we go back to the first of the two questions asked above, regarding the role of the Internet in the suicidal act – if the decision is an act of the individual or a group – we can answer that the decision is always individual; the group / network intended as a macro container 1) promotes the intentional process, making known the passages and connections / processes that lead to the act; 2) this certainly accelerates the subject’s focus on the final part of the action, that is, on performance.

We can now deal with the second research problem, asking ourselves about the role that the transition from virtual to real plays in making the final moment of action faster or more effective, or implementation (fiat). We note first of all a funnel dynamic: while on the web the young digital native lives the maximum of interpersonal relationships, in the offline context he finds himself interacting with a smaller audience and often the component of the interaction, mainly in the family, is deficient. If in social media you have the feeling of being able to share, with emotions and judgments, photos and videos, even decisions, in the so-called real life, or offline, the subject experiences the individual weight of his decision. In this, the fatigue of growth was experienced, in an age in which the identity center of gravity is continually repositioned, also thanks to the relationship with peers (peers, classmates, group of friends).

The young man who matures the suicidal intent through the interaction pushed with the network, then finds himself facing the performance phase in a substantial solitude, having consolidated an ideal path that is as robust (motivations, plans, know-how, intention) as fragile (the comments are often by strangers, made with bullying intent, without the real awareness of the risk they feed) which favors the psychological reinforcement about the viability of the act and participates in shaping its performance. Unlike the web phase, the offline phase does not encounter an equally complex interaction on its development, which can reopen the intention and freeze the act. This makes the transition from intention to execution faster, to give an answer to the question posed at the beginning of this paragraph. Let’s go back to the beginning of our reflection also to find out how the trait of disorientation characterizing suicide is confirmed in the light of these last two paragraphs: the individual with suicidal projects passes from the circularity of the intention to the linearity of the decision, from the communicative interaction to fall back on himself, with a motivational pressure far greater than his ability to metabolize it.

Conclusions

Read in this dynamic perspective, in the transition from online to offline, the suicidal path – in particular that of teenagers, main users of social networks – is not exactly the result of a problem-solving strategy (Werther effect) but of the prevalence of the collective intention on individual decision. The notion of collective intention, introduced here for the first time by the authors of the article, highlights the sharing of the network in making the intention: in particular the convergence of the self-determination of various subjects (friends, peers, strangers) that make up the people of the web with the desire to channel the decision of the individual / target. Somehow the process leading to the act, emphasized and loaded by web interaction, weighs heavily on the economy of action on self-determination. Not by virtue of a generic “suggestion” or “instigation”, but because it largely dispossesses the subject of the ownership of the intention, leading to faster consent and a partially de-personalized act. The anthropological topic, of enormous complexity, obviously requires multiple examinations, of an interdisciplinary type: our work wants to be a starting point, also applicable to other communicative / relational phenomena that are configured in the Onlife domain, in that real hybrid environment / digital of which we are all part now, at least where the Internet enters the daily functions of life.


[1] “Many suicide terrorists, perhaps the majority, fall into the paradigm of altruistic suicide, at least from the point of view of those who support terrorism to further the political cause. From the point of view of others, however, suicide attacks are nothing more than homicides.”

[2] Out of 130 juvenile suicides attested in Russia between November 2015 and April 2016, about 80 would be attributable to Blue Whale: the choice of jumping from very tall buildings would favor that hypothesis

[3] According to the investigations, the author indicated in the person of Philipp Budeikin had initially started his project on VKontakt (VK), a social network very similar to Facebook.

[4] “(…) suicide increases proportionally to the amount, duration, and prominence of media coverage (…) In a psychiatric exploration, especially of suicidal adolescents and young adults, questions on media and Internet use should be essential”

[5] We point out, among the many cases in the news: “The story of Erika, a 16-year-old victim of bullies:“ They said kill me, save thanks to a book ”, 23 March 2017, www.fanpage.it; “Suicide for bullies at school, Emilie’s diary published by her parents:” The others wanted to take away all joy from me “,

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